Josemaría Escrivá Obras
 
 
 
 
 
 
  Aimer l'Église > Loyauté envers l'Église  > Chap 2
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Les textes de la liturgie de ce dimanche forment une chaîne d'invocations au Seigneur. Nous lui disons qu'il est notre appui, notre rocher, notre forteresse (Cf. Ps 17, 19—20 ; 2—3. Introït de la Messe). L'oraison aussi reprend le thème de l'introït : Tu ne prives jamais de ta lumière ceux qui s'enracinent solidement dans ton amour (Oraison du deuxième dimanche après la Pentecôte).


Dans le graduel nous recourons de nouveau à lui : Dans les moments d'angoisse j'ai invoqué le Seigneur Délivre mon âme, ô Seigneur, des lèvres menteuses et des langues perfides. Seigneur, je cherche abri en toi (Ps 119, 1-2 et Ps 7, 2. Graduel de la Messe). Nous sommes émus de cette insistance de Dieu notre Père, déterminé à nous rappeler que nous devons toujours recourir à sa miséricorde, quoi qu'il arrive. Et maintenant aussi, bien que des voix confuses sillonnent l'Église. Ce sont des moments d'égarement, parce qu'un grand nombre d'âmes ne rencontrent pas de bons pasteurs, ces autres Christ qui les guident jusqu'à l'Amour du Seigneur ; elles rencontrent en revanche voleurs et bandits, qui viennent voler, tuer et détruire (Jn 10, 8 et 10).

N'ayons pas peur. L'Église, qui est le Corps du Christ, doit demeurer indéfectiblement le chemin et le bercail du Bon Pasteur, le fondement solide et le chemin ouvert à tous les hommes. Nous venons de lire dans l'Évangile : Va—t—en par les chemins et le long des clôtures, et fais entrer les gens de force, afin que ma maison se remplisse (Lc 14, 23).


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Mais qu'est—ce que l'Église ? Où est l'Église ? Beaucoup de chrétiens, étourdis et désorientés, ne reçoivent pas de réponse sûre à ces questions, et ils en viennent peut—être à penser que celles que le Magistère a formulées pendant des siècles — et que les bons catéchismes proposaient avec une précision et une simplicité fondamentales — sont maintenant dépassées et doivent être remplacées par de nouvelles réponses. Toute une série de faits et de difficultés semblent s'être donné rendez—vous pour altérer le visage limpide de l'Église. Certains prétendent que l'Église est là, dans ce souci de s'adapter à ce qu'ils appellent les temps modernes. D'autres s'écrient : l'Église n'est autre que la soif de solidarité des hommes ; nous devons la changer en fonction des circonstances actuelles.

Ils se trompent. L'Église d'aujourd'hui est la même que celle que le Christ a fondée, et ne peut être autre. Les apôtres et leurs successeurs sont les vicaires de Dieu pour le gouvernement de l'Église, fondée sur la foi et sur les sacrements de la foi. Et de même qu'il ne leur est pas permis d'établir une autre Église, ils ne peuvent pas non plus en transmettre une autre ni instituer d'autres sacrements ; mais c'est par les sacrements qui jaillirent du côté du Christ suspendu à la Croix que l'Église a été construite (Saint Thomas, S. Th. III, q. 64, a. 2 ad 3). L'Église doit se reconnaître aux quatre caractères, contenus dans la profession de foi d'un des premiers Conciles, que nous récitons dans le Credo de la Messe : Une seule Église, sainte, catholique et apostolique (Symbole de Nicée—Constantinople, Denzinger—Schön. 150 (86)). Voilà les propriétés essentielles de l'Église, qui découlent de sa nature, telle que le Christ l'a voulue. Et parce qu'elles sont essentielles, ces propriétés sont aussi des marques qui la distinguent de tout autre genre de réunion humaine, même si on y entend prononcer le nom du Christ.

Il y a un peu plus d'un siècle, le Pape Pie IX a résumé brièvement cet enseignement traditionnel  : La véritable Église du Christ se constitue et se reconnaît, par autorité divine, aux quatre caractères auxquels il faut croire, comme nous l'affirmons dans le Credo ; et chacun de ces caractères est tellement uni aux autres qu'il ne peut en être séparé. Il s'ensuit que celle qui est et s'appelle vraiment catholique, doit en même temps briller par ses propriétés d'unité, de sainteté et de succession apostolique (Pie IX, Lettre du Saint-Office aux évêques d'Angleterre, 16.IX.1864, Denzinger—Schön. 2888 (1686)). C'est, j'insiste, l'enseignement traditionnel de l'Église, réaffirmé par le Concile Vatican II, bien que, poussés par un faux oecuménisme, certains l'oublient ces dernières années : Telle est l'Église du Christ, dont nous professons dans le symbole, l'unité, la sainteté, la catholicité et l'apostolicité ; Église que notre Sauveur, après sa résurrection, confia à Pierre pour qu'il en fût le pasteur, le chargeant, lui et les autres apôtres, de la répandre et de la gouverner ; Église qu'il érigea pour toujours comme colonne et fondement de la vérité (Concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen gentium, 8).


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Qu'ils soient un comme nous (Jn 17, 11), crie le Christ à son Père. Que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu'eux aussi soient un en nous (Jn 17, 21).

Cette exhortation à l'unité jaillit constamment des lèvres de Jésus-Christ, parce que tout royaume divisé contre lui—même court à la ruine ; et toute ville ou maison divisée contre elle—même ne saurait se maintenir (Mt 12, 25). Prédication qui devient un désir véhément : J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos ; celles—là aussi, je dois les mener ; elles écouteront ma voix, et il y aura un seul troupeau et un seul pasteur (Jn 10, 16).


Quels accents merveilleux Notre Seigneur a employés pour parler de cette doctrine ! Il multiplie les mots et les images pour que nous le comprenions, pour que cette passion de l'unité reste gravée en notre âme. Je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui en moi ne porte pas de fruit, il le coupe et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, pour qu'il en porte davantage Demeurez en moi, comme moi en vous. Comme le sarment ne peut porter de fruit par lui—même, sans demeurer sur le cep, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep ; vous êtes les sarments. Qui demeure en moi, comme moi en lui, porte beaucoup de fruits ; car hors de moi vous ne pouvez rien faire (Jn 15, 1—5).

Ne voyez—vous pas comment ceux qui se séparent de l'Église, même s'il leur arrive d'être couverts de feuillages, ne tardent pas à se dessécher, tandis que leurs fruits deviennent pourriture ? Aimez l'Église, Sainte, Apostolique, Romaine, Une ! Parce que, comme l'écrit saint Cyprien : Celui qui amasse ailleurs, en dehors de l'Église, dissipe l'Église du Christ (Saint Cyprien, De catholicæ Ecclesiæ unitate, 6 ; PL 4, 503). Et saint Jean Chrysostome d'insister : Ne te sépare pas de l'Église. Rien n'est plus fort que l'Église. L'Église est ton espérance ; l'Église est ton salut ; l'Église est ton refuge. Elle est plus haute que le ciel et plus vaste que la terre. Elle ne vieillit pas, sa vigueur est éternelle (Saint Jean Chrysostome, Homilia de capto Eutropio, 6).

Défendre l'unité de l'Église implique que nous vivions très unis à Jésus—Christ, notre vigne. Comment ? En augmentant notre fidélité au Magistère immuable de l'Église : En effet, le Saint—Esprit n'a pas été promis aux successeurs de Pierre afin que, par sa révélation, ils présentent une doctrine nouvelle, mais qu'avec son assistance, ils conservent saintement et enseignent fidèlement la révélation, ou dépôt de la foi, transmise par les apôtres (Concile Vatican I, constitution dogmatique sur l'Église, Denzinger—Schön. 3070 (1836)). C'est ainsi que nous maintiendrons l'unité : en vénérant notre Mère sans tache, en aimant le Souverain Pontife.


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D'aucuns déclarent que nous sommes peu nombreux à demeurer dans l'Église. Je leur répondrai que si nous conservions tous avec loyauté la doctrine du Christ, notre nombre ne tarderait pas à augmenter considérablement, parce que Dieu veut que sa maison se remplisse. Dans l'Église nous découvrons le Christ, qui est l'Amour de nos amours. Et nous devons désirer pour tous les hommes cette vocation, cette joie intime qui enivre l'âme, la douceur sans mélange du Coeur miséricordieux de Jésus.

Il faut être oecuménique, entend—on répéter. J'en conviens. Mais je crains que certaines activités qui se disent oecuméniques ne dissimulent une supercherie, dans la mesure où ces activités ne mènent pas à l'amour du Christ, à la vraie vigne. C'est pourquoi elles ne portent pas de fruit. Je demande chaque jour au Seigneur d'agrandir mon coeur pour qu'il continue de rendre surnaturel l'amour qu'il a mis dans mon âme pour tous les hommes, sans distinction de race, de peuple, de conditions culturelles ou de fortune. J'aime sincèrement tout le monde, catholiques et non-catholiques, ceux qui croient en quelque chose et ceux qui ne croient pas et qui me causent de la tristesse. Mais le Christ a fondé une seule Église ; Il n'a qu'une seule Épouse.

L'union des chrétiens ? Oui. Plus encore : l'union de tous ceux qui croient en Dieu. Mais il n'existe qu'une seule Église véritable. Elle n'est pas à reconstruire avec des fragments dispersés à travers le monde. Et elle n'a besoin de passer par aucune espèce de purification pour se trouver enfin propre. L'Épouse du Christ ne peut être adultère, parce qu'elle est incorruptible et pure. Elle ne connaît qu'une seule maison et observe l'inviolabilité d'un seul lit nuptial avec une chaste pudeur. C'est elle qui nous conserve pour Dieu ; c'est elle qui destine au Royaume les enfants qu'elle a engendrés. Quiconque se sépare de l'Église, s'unit à une adultère et s'éloigne des promesses de l'Église ; et qui abandonne l'Église du Christ n'obtiendra pas les récompenses du Christ (Saint Cyprien, op. cit).


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Nous comprendrons mieux maintenant comment l'unité de l'Église mène à la sainteté, et comment un des aspects essentiels de sa sainteté est cette unité, centrée sur le mystère du Dieu Un et Trine : un seul Corps et un seul Esprit, comme il y a une seule espérance au terme de l'appel que vous avez reçu ; un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême ; un seul Dieu et Père de tous, qui est au—dessus de tous, gouverne toute chose et habite en nous tous (Ep 4, 4—6).


Sainteté ne signifie absolument rien d'autre qu'union à Dieu ; à une plus grande intimité avec le Seigneur correspond une plus grande sainteté. L'Église a été voulue et fondée par le Christ, qui accomplit ainsi la volonté du Père ; l'Épouse du Fils est assistée par le Saint—Esprit. L'Église est l'oeuvre de la Très Sainte Trinité ; elle est sainte et Mère : notre sainte Mère l'Église. Nous pouvons admirer en l'Église une perfection que nous pourrions appeler originelle, et une autre finale, eschatologique. Saint Paul se réfère à toutes deux dans son Épître aux Éphésiens : le Christ a aimé l'Église et s'est livré pour elle, afin de la sanctifier en la purifiant par le baptême de l'eau, voulant se présenter à lui—même une Église glorieuse, sans tache ni ride ni rien de semblable, mais sainte et immaculée (Ep 5, 25—27).

La sainteté originelle et constitutive de l'Église peut demeurer voilée — mais jamais être détruite, parce qu'elle est indéfectible : Les portes de l'Hadès ne tiendront pas contre elle (Mt 16, 18) ; elle peut demeurer cachée aux yeux humains, disais—je, à certains moments d'une obscurité que l'on pourrait appeler collective. Mais saint Pierre applique aux chrétiens le titre de gens sancta (1 P 2, 9), de peuple saint. Et en tant que membres d'un peuple saint, tous les fidèles ont reçu cette vocation à la sainteté et doivent s'efforcer de répondre à la grâce et d'être personnellement saints. Il y a eu, tout au long de l'histoire, et de nos jours aussi, nombre de catholiques qui se sont réellement sanctifiés : jeunes et vieux, célibataires et mariés, prêtres et laïcs, hommes et femmes.

Mais il se trouve que la sainteté personnelle de tous ces fidèles d'hier et d'aujourd'hui n'a rien de spectaculaire. Bien souvent nous ne reconnaissons pas la personne simple, courante et sainte qui travaille et vit au milieu de nous. Le péché et le manque de fidélité se détachent davantage au regard terrestre : ils sont plus voyants.


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Gens sancta, peuple saint, composé de créatures qui ont leurs misères : cette contradiction apparente souligne un des aspects du mystère de l'Église. L'Église, qui est divine, est aussi humaine, parce qu'elle est formée par des hommes, et que les hommes ont des défauts : omnes homines terra et cinis (Si 17, 31), nous sommes tous poussière et cendre.

Notre Seigneur Jésus—Christ, qui a fondé l'Église sainte, attend des membres de ce peuple qu'ils luttent sans relâche pour atteindre la sainteté. Tous ne répondent pas avec loyauté à son appel. Et l'on découvre à la fois dans l'Église, Épouse du Christ, la merveille du chemin du salut et les misères de ceux qui le parcourent. Le Divin Rédempteur a disposé que la communauté qu'il a fondée fût une société parfaite en son genre et dotée de tous les éléments juridiques et sociaux nécessaires pour perpétuer en ce monde l'oeuvre de la Rédemption Si l'on découvre dans l'Église quelque chose qui prouve la faiblesse de notre condition humaine, ce n'est pas à sa constitution juridique qu'il faut l'attribuer, mais plutôt à la déplorable inclination des individus au mal ; inclination que permet son Divin Fondateur, même chez les membres les plus importants du Corps Mystique, pour que la vertu des brebis et des pasteurs soit mise à l'épreuve et pour que les mérites de la foi chrétienne augmentent en tous (Pie XII, encyclique Mystici Corporis, 29.VI.1943).


Telle est la réalité de l'Église, ici et maintenant. C'est pourquoi la sainteté de l'Épouse du Christ est compatible avec l'existence en son sein de personnes qui ont des défauts. Le Christ n'a pas exclu les pécheurs de la société qu'il a fondée. Par conséquent, si certains de ses membres sont affligés de maladies spirituelles, notre amour pour l'Église ne doit pas diminuer pour autant ; au contraire, notre compassion pour ses membres doit augmenter (Ibid.).


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Celui qui, apercevant les défauts et les misères de n'importe quel membre de l'Église, pour haut placé qu'il soit de par ses fonctions, sentirait diminuer sa foi en l'Église et au Christ, ferait preuve de bien peu de maturité. L'Église n'est gouvernée ni par Pierre, ni par Jean, ni par Paul ; elle est gouvernée par le Saint—Esprit et le Seigneur a promis de rester à ses côtés tous les jours jusqu'à la consommation des siècles (Mt 28, 20).

Voyez ce que dit saint Thomas abondant en ce sens à propos de la réception des sacrements, qui sont cause et signe de la grâce sanctifiante : Celui qui s'approche des sacrements les reçoit certainement du ministre de l'Église, non pas cependant en tant que personne concrète, mais en tant que ministre de l'Église. C'est pourquoi, tant que l'Église lui permet d'exercer son ministère, celui qui reçoit le sacrement de ses mains ne participe pas du péché du ministre indigne, mais entre en communion avec l'Église qui l'a pour ministre (Saint Thomas, S. Th. III, q. 64, a. 6 ad. 2). Quand le Seigneur permet que la faiblesse humaine apparaisse, notre réaction doit être celle que nous aurions si nous voyions notre mère malade ou traitée avec indifférence : l'aimer davantage, lui donner davantage de marques extérieures et intérieures d'affection.

Si nous aimons l'Église, nous n'éprouverons jamais la volonté morbide de faire apparaître comme des fautes de la Mère les misères de quelques—uns de ses enfants. L'Église, Épouse du Christ, n'a aucun mea culpa à entonner. Mais nous, si : mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa ! Voilà le véritable meaculpisme : celui que nous faisons personnellement, et non celui qui attaque l'Église, en montrant et en exagérant les défauts humains. Ces défauts, chez notre sainte Mère, sont le résultat de l'action des hommes qui peuvent atteindre des limites extrêmes dans la malice, mais qui ne parviendront jamais à détruire, ni même à porter atteinte à ce que nous avons appelé la sainteté originelle et constitutive de l'Église.

C'est avec justesse que Dieu Notre Seigneur a comparé l'Église à l'aire où l'on accumule la paille avec le blé, duquel proviendra le pain pour la table et le pain pour l'autel ; Il a comparé l'Église à un filet de pêcheur ex omni genere piscium congreganti (Mt 13, 47) : qui ramasse de bons et de mauvais poissons, lesquels seront ensuite rejetés.


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Le mystère de la sainteté de l'Église — cette lumière originelle que l'ombre de la bassesse humaine peut maintenir cachée — nous fait écarter jusqu'à la moindre pensée de soupçon ou de doute quant à la beauté de notre Mère. Et l'on ne peut pas non plus tolérer, sans protester, que d'autres l'insultent. Ne recherchons pas dans l'Église les aspects vulnérables à la critique, au contraire de certains qui ne montrent ni foi ni amour. Je ne conçois pas que l'on éprouve une affection véritable pour sa propre mère, et que l'on parle ensuite de cette mère avec détachement.

Notre Mère est sainte, parce qu'elle est née pure et qu'elle continuera d'être sans tache pour l'éternité. S'il nous arrive parfois de ne pas découvrir la beauté de son visage, nous devons nous laver les yeux ; si nous remarquons que sa voix ne nous est pas agréable, pensons à notre dureté d'oreille qui nous empêche de percevoir dans ses intonations le sifflement amoureux du Pasteur. Notre Mère est sainte, de la sainteté du Christ auquel elle est unie en corps — que nous formons à nous tous — et en esprit — l'Esprit Saint, qui habite aussi dans le coeur de chacun d'entre nous si nous nous maintenons dans la grâce de Dieu.

Sainte, sainte, sainte ! osons—nous chanter à l'Église, en reprenant l'hymne en l'honneur de la Très Sainte Trinité. Tu es sainte, Église, ma Mère, parce que le Saint Fils de Dieu t'a fondée ; tu es sainte, parce que le Père, source de toute sainteté, l'a ainsi disposé ; tu es sainte, parce que l'Esprit Saint t'assiste, lui qui demeure en l'âme de tes fidèles pour réunir les enfants du Père qui habiteront l'Église du Ciel, la Jérusalem éternelle.


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Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. Car Dieu est unique, unique aussi le médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus, homme lui—même, qui s'est livré en rançon pour nous. Tel est le témoignage rendu en son temps (1 Tm 2, 4—6). Jésus—Christ fonde une seule Église : son Église ; c'est pourquoi l'Épouse du Christ est une et catholique, c'est—à—dire universelle, pour tous les hommes.

L'Église est, depuis des siècles, répandue à travers le monde entier ; et des personnes de toutes races et de toutes les conditions sociales en font partie. Mais la catholicité de l'Église ne dépend pas de son extension géographique, bien que celle—ci soit un signe visible et un motif de crédibilité. L'Église était déjà catholique le jour de la Pentecôte. Elle naît catholique du Coeur blessé de Jésus, comme un feu que le Saint—Esprit allume.

Au deuxième siècle, les chrétiens définissaient l'Église comme catholique pour la distinguer des sectes qui, tout en utilisant le nom du Christ, trahissaient certains aspects de sa doctrine. Nous l'appelons catholique, écrit saint Cyrille, non seulement parce qu'elle est répandue sur toute la terre, d'une extrémité à l'autre, mais parce que, universellement et sans défaillance, elle enseigne tous les dogmes que les hommes doivent connaître, sur le visible et sur l'invisible, sur ce qui est céleste et sur ce qui est terrestre. Et aussi parce qu'elle soumet au véritable culte toutes sortes d'hommes : gouvernants et citoyens, doctes et ignorants. Et enfin, parce qu'elle soigne et guérit toute espèce de péchés, qu'ils soient de l'âme ou du corps, possédant en outre — quel que soit le nom qu'on leur donne — toutes les formes de la vertu, en actes et en paroles et en toutes sortes de dons spirituels (Saint Cyrille, Catechesis, 18, 23).

La catholicité de l'Église ne dépend pas davantage du fait que les non-catholiques l'acclament et la prennent en considération ; elle n'a pas non plus de rapport avec le fait que, en des matières non spirituelles, les opinions de quelques personnes dotées d'autorité dans l'Église soient prises en considération — et parfois instrumentalisées — par les organes d'opinion publique de courants proches de leur pensée. Il arrivera fréquemment que la part de vérité défendue par toute idéologie humaine trouve un écho ou un fondement dans l'enseignement traditionnel de l'Église ; et c'est là, dans un certain sens, une preuve de la divinité de la Révélation que le Magistère protège. Mais l'Épouse du Christ est catholique, quand bien même elle serait délibérément ignorée par beaucoup, et même insultée et persécutée, comme cela se produit malheureusement aujourd'hui en tant d'endroits.


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L'Église n'est ni un parti politique, ni une idéologie sociale, ni une organisation mondiale pour la concorde ou le progrès matériel, même si ces activités et d'autres du même genre ont leur noblesse. L'Église a toujours réalisé et réalise un travail immense en faveur des nécessiteux, de ceux qui souffrent, de tous ceux qui pâtissent d'une façon ou d'une autre des conséquences du seul mal véritable qu'est le péché. Et à tous — aux nécessiteux de tous genres et à ceux qui croient jouir de la plénitude des biens de la terre — l'Église vient confirmer une seule chose essentielle et définitive : que notre destin est éternel et surnaturel, que nous ne nous sauverons pour toujours qu'en Jésus—Christ, et qu'en lui seul nous obtiendrons déjà d'une certaine façon en cette vie la paix et le bonheur véritables.

Demandez maintenant avec moi à Dieu Notre Seigneur que nous, les catholiques, nous n'oubliions jamais ces vérités, et que nous nous décidions à les mettre en pratique. L'Église catholique n'a pas besoin de l'approbation des hommes, parce qu'elle est l'oeuvre de Dieu.

Nous manifesterons que nous sommes catholiques par les fruits de sainteté que nous donnerons, parce que la sainteté n'admet pas de frontières et n'est le patrimoine d'aucun particularisme humain. Nous démontrerons que nous sommes catholiques si nous prions, si nous nous adressons continuellement à Dieu, si nous nous efforçons toujours et en tout d'être justes — au sens le plus large du mot, qui est souvent utilisé de nos jours avec une nuance matérialiste et fausse — si nous aimons et défendons la liberté personnelle des autres hommes.

Je vous rappelle aussi une autre preuve manifeste de la catholicité de l'Église : la conservation et l'administration fidèles des sacrements tels qu'ils ont été institués par Jésus—Christ, sans aucune tergiversation humaine, ni tentative de les conditionner psychologiquement ou sociologiquement. Car personne ne peut déterminer ce qui est du ressort d'un autre mais seulement ce qui relève de son propre pouvoir. Et comme la sanctification de l'homme relève de la puissance de Dieu sanctifiant, il n'appartient pas à l'homme de définir à sa guise ce qui doit le sanctifier : cela doit être déterminé par institution divine (Saint Thomas, S. Th. III, q. 60, a. 5). Ces tentatives d'amoindrir l'universalité de l'essence des sacrements pourraient peut—être se justifier s'il s'agissait de simples signes, de symboles, opérant selon les lois naturelles de compréhension et d'intelligence. Mais les sacrements de la Nouvelle Loi sont à la fois causes et signes. C'est pourquoi l'on enseigne communément qu'ils causent ce qu'ils signifient. Il s'ensuit qu'ils gardent parfaitement la raison de sacrements tant qu'ils sont ordonnés à quelque chose de sacré, non seulement comme signes, mais aussi comme causes (Ibid., q. 62, a. 1 ad 1).


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Cette Église catholique est romaine. Comme je savoure ce mot : romaine ! Je me sens romain, parce que romain veut dire universel, catholique ; parce que cela m'amène à aimer tendrement le Pape, il dolce Cristo in terra, comme aimait à le répéter sainte Catherine de Sienne, que je considère comme une amie bien—aimée.

Il n'y a personne — soulignait Paul VI dans son discours de clôture du Concile Vatican II — qui, en théorie, soit hors d'atteinte de ce centre catholique romain ; tous peuvent et doivent être atteints. Personne n'est un étranger pour l'Église catholique, personne n'est exclu, personne n'est considéré comme éloigné (Sacrosanctum OEcumenicum Concilium Vaticanum II, Constitutiones, Decreta, Declarationes, Vatican 1966, p. 1079). Je vénère de toutes mes forces la Rome de Pierre et de Paul, baignée du sang des martyrs, centre d'où sont partis vers le monde entier tant de propagateurs de la parole salvatrice du Christ. Être romain, ce n'est pas faire montre de particularisme, mais d'oecuménisme authentique ; cela implique le désir d'agrandir son coeur, de l'ouvrir à tous avec la soif rédemptrice du Christ, qui cherche tout le monde et accueille tout le monde, parce qu'il a été le premier à aimer tout le monde.

Saint Ambroise a écrit une phrase brève, qui est comme un chant de joie : Là où est Pierre, se trouve l'Église ; et là où est l'Église, ne règne pas la mort, mais la vie éternelle (Saint Ambroise, In XII Ps. Enarratio, 40, 30). Parce que là où se trouvent Pierre et l'Église, il y aussi le Christ : et Il est le salut, le seul chemin.


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Notre Seigneur a fondé son Église sur la faiblesse —mais aussi sur la fidélité — de quelques hommes, les apôtres, auxquels il a promis l'assistance constante de l'Esprit Saint. Relisons ce texte bien connu, mais toujours nouveau et actuel : Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous pour toujours, jusqu'à la fin du monde (Mt 28, 18—20).

La prédication de l'Évangile ne paraît pas en Palestine par l'initiative personnelle de quelques fanatiques. Que pouvaient faire les apôtres ? Ils n'avaient aucune importance en leur temps : ils n'étaient ni riches, ni cultivés, ni des héros, humainement parlant. Jésus charge les épaules de cette poignée de disciples d'une tâche immense, divine. Ce n'est pas vous qui m'avez choisi ; mais c'est moi qui vous ai choisis et vous ai institués pour que vous alliez et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure ; alors tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l'accordera (Jn 15, 16).


La succession apostolique s'est conservée dans l'Église à travers deux mille ans d'histoire. Les évêques, déclare le Concile de Trente, ont succédé aux apôtres et ils sont placés, comme le dit l'Apôtre lui—même (Paul), par le Saint—Esprit pour gouverner l'Église de Dieu. (Ac 20, 28) (Concile de Trente, Doctrine sur le Sacrement de l'Ordre, Denzinger—Schön. 1768 (960)). Et parmi les apôtres, le Christ lui—même a choisi Simon en vertu d'une élection spéciale : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église (Mt 16, 18). J'ai prié pour toi, ajoute—t—il aussi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères (Lc 22, 32).


Pierre s'installe à Rome où il fixe le siège du primat, du Vicaire du Christ. C'est pourquoi c'est à Rome que la succession apostolique se remarque le mieux, et c'est pourquoi elle est appelée Siège Apostolique par antonomase. Le Concile Vatican I, reprenant les paroles d'un concile antérieur, celui de Florence, a proclamé que tous les fidèles du Christ doivent croire que le Saint Siège Apostolique et le Souverain Pontife possèdent le primat sur toute la surface de la terre, et que le Souverain Pontife en personne est le successeur du bienheureux Pierre, prince des apôtres, véritable Vicaire de Jésus—Christ, tête de toute l'Église, et père et maître de tous les chrétiens, et que c'est à lui que fut remis par Notre Seigneur Jésus—Christ, en la personne du bienheureux Pierre, plein pouvoir pour paître, diriger et gouverner l'Église universelle (Concile Vatican I, constitution dogmatique sur l'Église, Denzinger—Schön. 3059 (1826)).


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Le pouvoir suprême du Souverain Pontife et son infaillibilité lorsqu'il parle ex cathedra, ne sont pas une invention humaine : ils s'appuient sur la volonté fondationnelle explicite du Christ. Il est donc absurde d'opposer le gouvernement du Pape à celui des évêques, ou de réduire la valeur du Magistère pontifical au consentement des fidèles ! Rien ne lui est plus étranger que l'équilibre des pouvoirs ; les schémas humains n'ont pas d'utilité ici, pour attrayants ou fonctionnels qu'ils soient. Personne dans l'Église ne possède de par lui—même un pouvoir absolu, en tant qu'homme ; il n'y a pas dans l'Église d'autre chef que le Christ ; et le Christ a voulu établir un Vicaire — le Souverain Pontife — pour son Épouse en marche sur cette terre.

L'Église est apostolique par constitution : Celle qui est réellement et s'appelle catholique, doit en même temps briller par les qualités d'unité, de sainteté et de succession apostolique. Ainsi l'Église est une, de l'unité insigne et parfaite de toute la terre et de tous les peuples, de cette unité dont le principe, la racine et l'origine indéfectible résident en l'autorité suprême et en la primauté la plus excellente du bienheureux Pierre, prince des apôtres, et de ses successeurs à la chaire romaine. Et il n'existe pas d'autre Église catholique que celle qui, édifiée sur l'unique Pierre, s'élève par l'unité de la foi et par la charité en un seul corps uni et compact (Pie IX, op. cit.).

Contribuons à rendre cette apostolicité plus évidente aux yeux de tous, en démontrant avec une fidélité extrême notre union au Pape, qui est union à Pierre. L'amour du Souverain Pontife doit être chez nous une passion merveilleuse, parce que nous voyons le Christ en lui. Si nous nous familiarisons avec le Seigneur dans la prière, nous irons de l'avant avec un regard clair qui nous permettra de découvrir l'action du Saint—Esprit, jusque dans les événements qui peuvent parfois nous sembler incompréhensibles ou qui nous causent tristesse et douleur.


31

L'Église nous sanctifie après notre entrée en son sein par le Baptême. Nouveaux—nés à la vie naturelle, nous pouvons déjà recevoir la grâce sanctifiante. La foi d'une personne, plus encore la foi de toute l'Église, profitent à l'enfant par l'action du Saint—Esprit, qui unifie l'Église et communique les biens de l'une à l'autre (Saint Thomas, S. Th. III, q. 68, a. 9 ad 2). Cette maternité surnaturelle de l'Église, que le Saint—Esprit lui confère, est une merveille. La régénération spirituelle qui s'opère par le Baptême est d'une certaine façon semblable à la naissance corporelle : de même que les enfants qui sont dans le sein de leur mère ne s'alimentent pas tout seuls mais se nourrissent de l'aliment de la mère, de même les petits enfants qui n'ont pas l'usage de la raison et qui sont comme des enfants dans le sein de leur Mère l'Église, reçoivent le salut de l'action de l'Église et non d'eux—mêmes (Ibid., ad 1).


Cela fait ressortir dans toute sa grandeur le pouvoir sacerdotal de l'Église, qui provient directement du Christ. Le Christ est la source de tout sacerdoce : en effet le prêtre de la loi était comme sa figure ; mais le prêtre de la Nouvelle Loi agit en la personne du Christ, d'après ce que dit saint Paul : ce que je pardonne, si je pardonne, c'est par amour pour vous que je le pardonne en la personne du Christ (2 Co 2, 14) (Ibid., q. 22, a. 4).

La médiation salvatrice entre Dieu et les hommes se perpétue dans l'Église au moyen du sacrement de l'Ordre qui rend apte, en vertu du caractère et de la grâce qui en découlent, à agir comme ministre de Jésus—Christ pour le bien de toutes les âmes. Le fait que quelqu'un puisse réaliser un acte qu'un autre ne peut faire, ne provient pas d'une différence de bonté ou de malice, mais du pouvoir acquis que possède l'un d'entre eux et pas l'autre. C'est pourquoi, comme le laïc ne reçoit pas le pouvoir de consacrer, il ne peut réaliser la consécration, quelle que soit sa bonté personnelle (Saint Thomas, In IV Sent., d. 13, q. 1 a. 1).


32

Il y a une diversité de ministères dans l'Église, mais sa fin est unique : la sanctification des hommes. Et tous les chrétiens participent d'une certaine façon à cette tâche, grâce au caractère qu'ils ont reçu dans les sacrements du Baptême et de la Confirmation. Nous devons tous nous sentir responsables de cette mission de l'Église, qui est la mission du Christ. Celui qui ne ressent pas de zèle pour le salut des âmes, celui qui ne recherche pas de toutes ses forces à faire connaître et aimer le nom et la doctrine du Christ ne comprendra pas l'apostolicité de l'Église.

Un chrétien passif n'est pas prêt de comprendre ce que le Christ veut de chacun de nous. Un chrétien qui s'occupe de ses affaires et se désintéresse du salut des autres, n'aime pas avec le Coeur de Jésus. L'apostolat n'est pas une mission exclusive de la hiérarchie, ni des prêtres ou des religieux. Le Seigneur nous appelle tous à être, par l'exemple et la parole, des instruments de ce courant de grâce qui jaillit jusqu'à la vie éternelle.

Chaque fois que nous lisons les Actes des Apôtres, l'audace, la confiance en leur mission et l'abnégation joyeuse des disciples du Christ nous émeuvent. Ils ne recherchent pas les foules. Bien que les foules accourent, ils s'adressent à chaque âme en particulier, à chaque homme, un à un : Philippe, à l'Éthiopien (Cf. Ac 8, 26—40) ; Pierre, au centurion Corneille (Cf. Ac 10, 1—48) ; Paul, à Sergius Paulus (Cf. Ac 13, 6—12).

Ils avaient appris cela du Maître. Rappelez—vous la parabole des ouvriers qui attendaient du travail au milieu de la place du village. Quand le propriétaire de la vigne s'y rendit, la journée étant déjà bien avancée, il trouva encore des ouvriers les bras croisés : Pourquoi restez—vous ici toute la journée sans travailler ? —C'est que personne ne nous a embauchés (Mt 20, 6—7), lui répondirent—ils. Cela ne doit pas se produire dans la vie du chrétien ; il ne doit se trouver personne autour de lui qui puisse affirmer qu'il n'a pas entendu parler du Christ, parce que personne ne le lui a annoncé.

Les hommes pensent souvent qu'ils peuvent se passer de Dieu. Ils se trompent. Bien qu'ils ne le sachent pas, ils gisent comme le paralytique de la piscine probatique : incapables de se mouvoir vers les eaux qui sauvent, vers la doctrine qui met la joie dans l'âme. Bien souvent c'est la faute des chrétiens ; ces personnes pourraient répéter hominem non habeo (Jn 5, 7), je n'ai même pas quelqu'un pour m'aider. Tout chrétien doit être apôtre, parce que Dieu, qui n'a besoin de personne, a néanmoins besoin de nous. Il compte sur nous pour que nous nous consacrions à répandre sa doctrine salvatrice.


33

Nous sommes en train de contempler le mystère de l'Église une, sainte, catholique, apostolique. C'est le moment de nous demander : est—ce que je partage avec le Christ sa soif des âmes ? Est—ce que je prie pour cette Église dont je fais partie, dans laquelle je dois accomplir une mission spécifique que personne d'autre ne peut remplir à ma place ? être dans l'Église est déjà beaucoup ; mais cela ne suffit pas. Nous devons être Église, parce que notre Mère ne doit jamais être pour nous une inconnue, extérieure et étrangère à nos pensées les plus profondes.

Nous achèverons ici ces considérations sur les caractères de l'Église. Avec l'aide du Seigneur elles sont restées imprimées dans notre âme et nous verrons se confirmer en nous un jugement clair, sûr et divin, qui nous fera aimer davantage notre Mère sainte, qui nous a amenés à la vie de la grâce et nous nourrit chaque jour avec une sollicitude inépuisable.

S'il vous arrive d'entendre des mots ou des cris offensants pour l'Église, montrez avec humanité et charité à ces êtres dépourvus d'amour que l'on ne peut maltraiter une telle Mère. On l'attaque actuellement avec impunité parce que son royaume, qui est celui de son Maître et Fondateur, n'est pas de ce monde. Tant que le blé gémit parmi la paille, tant que les épis soupirent parmi l'ivraie, tant que les vases de miséricorde se lamentent parmi ceux de la colère, tant que le lys pleure parmi les épines, il ne manquera pas d'ennemis pour dire : regardez, le jour arrive où les chrétiens disparaîtront et n'existeront plus Mais ils disent cela et ils meurent irrémédiablement. Et l'Église subsiste (Saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, 70, II, 12).


Quoi qu'il arrive, le Christ n'abandonnera pas son Épouse. L'Église triomphante est déjà à ses côtés, à la droite du Père. Et de là—haut nos frères chrétiens nous appellent, qui rendent gloire à Dieu pour cette réalité que nous voyons encore dans la claire pénombre de la foi : l'Église une, sainte, catholique et apostolique.


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