Josemaría Escrivá Obras
 
 
 
 
 
 
  Amis de Dieu > Le détachement > Point 113
113

Je ne sais si l’on vous a raconté dans votre enfance la fable du paysan à qui l’on offrit un faisan doré. Une fois passé le premier moment de joie et de surprise d’un tel cadeau, le nouveau maître chercha l’endroit où il pourrait l’enfermer. Au bout de plusieurs heures d’hésitation et après avoir échafaudé divers plans, il choisit de le mettre dans le poulailler. Les poules, frappées par la beauté du nouveau venu, tournaient autour de lui avec l’étonnement de celui qui découvre un demi-dieu. Au milieu de tout ce tumulte vint l’heure de la pitance. Le maître ayant lancé les premières poignées de son, le faisan — affamé par l’attente — s’élança avec avidité pour se remplir le ventre. Devant un spectacle aussi vulgaire — ce prodige de beauté mangeait avec le même appétit qu’un animal des plus ordinaires — ses compagnes de basse-cour désenchantées s’attaquèrent à coups de bec à l’idole déchue jusqu’à ce qu’elles lui eussent arraché toutes ses plumes. L’effondrement de l’égoïste est aussi triste ; d’autant plus désastreux qu’il se sera davantage fondé sur ses propres forces, qu’il aura compté avec plus de présomption sur ses capacités personnelles.

Tirez-en des conséquences pratiques pour votre vie quotidienne, dépositaires que vous êtes de quelques talents, surnaturels et humains, dont vous devez profiter en toute droiture, et repoussez le leurre ridicule qui vous fait penser que quelque chose vous appartient, comme si c’était le fruit de votre seul effort. Rappelez-vous qu’il y a un autre facteur, Dieu, dont personne ne peut faire abstraction.

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