Josemaría Escrivá Obras
 
 
 
 
 
 
  Amis de Dieu > Le détachement > Point 117
117

Permettez-moi, une fois de plus, de vous faire part d’une toute petite parcelle de mon expérience personnelle. Je vous ouvre mon âme en présence de Dieu, pleinement persuadé que je ne suis en rien un modèle, que je ne suis qu’une loque, un pauvre instrument, sourd et inepte, que le Seigneur a utilisé afin que l’on constate avec plus d’évidence qu’il écrit parfaitement avec le pied d’une table. C’est pourquoi en vous parlant de moi, il ne me vient pas à l’idée si peu que ce soit de penser qu’il y ait un quelconque mérite personnel dans mon comportement. Je prétends moins encore vous imposer les chemins par où le Seigneur m’a mené, car il peut très bien se faire que le Maître ne vous demande pas ce qui m’a tant aidé à travailler sans entrave à cette Œuvre de Dieu à laquelle j’ai consacré mon existence tout entière.

Je vous assure, je l’ai touché de mes mains, je l’ai contemplé de mes yeux, que si vous vous confiez à la divine Providence, si vous vous abandonnez dans ses bras tout-puissants, vous ne manquerez jamais des moyens de servir Dieu, l’Église sainte, les âmes, sans négliger pour autant aucun de vos devoirs ; et vous jouirez, de plus, d’une joie et d’une paix que mundus dare non potest, que la possession de tous les biens de la terre ne peut donner.

Dès le début de l’Opus Dei, en , outre que je ne disposais d’aucune ressource humaine, je n’ai personnellement jamais brassé ne serait-ce qu’un centime ; je ne suis pas davantage intervenu directement dans les problèmes financiers qui se posent logiquement à tous ceux qui entreprennent quelque chose avec des créatures — des hommes en chair et en os, et non des anges — qui ont besoin d’instruments matériels pour développer efficacement leur action.

Pour soutenir ses œuvres apostoliques, l’Opus Dei a eu besoin de la collaboration généreuse de beaucoup de personnes, et je pense qu’il en aura toujours besoin, jusqu’à la fin des temps ; d’une part, parce que ces activités ne sont jamais rentables ; de l’autre, parce que, malgré le nombre croissant de ceux qui coopèrent et le travail de mes enfants, si l’amour de Dieu est présent, l’apostolat s’élargit et les besoins se multiplient. C’est pourquoi j’ai fait rire plus d’une fois mes enfants, car, tandis que je les incitais avec fermeté à répondre fidèlement à la grâce de Dieu, je les encourageais aussi à tenir tête avec effronterie au Seigneur, pour lui demander plus de grâces et aussi les espèces sonnantes et trébuchantes dont nous avions un besoin urgent.

Les premières années nous manquions même du plus indispensable. Attirés par le feu de Dieu, des ouvriers, des artisans, des étudiants..., venaient à moi, qui ignoraient la gêne et l’indigence dans lesquelles nous nous trouvions parce que, à l’Opus Dei, avec le secours du ciel, nous nous sommes toujours efforcés de travailler de façon à ce que le sacrifice et la prière soient abondants et cachés. En jetant maintenant un regard sur cette époque, une action de grâce éperdue jaillit de notre cœur : quelle assurance habitait notre âme ! Nous savions qu’en cherchant le royaume de Dieu et sa justice le reste nous serait donné par surcroît. Et je puis vous assurer que nous n’avons renoncé à aucune initiative apostolique par manque de ressources matérielles : au moment voulu, dans sa Providence ordinaire, Dieu notre Père nous fournissait d’une manière ou d’une autre ce dont nous avions besoin, pour que nous voyions ainsi qu’il est toujours bon payeur.

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