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En une monotone cadence vient aux lèvres de beaucoup la ritournelle tant rebattue que l'espérance est la dernière chose que l'on perd. Comme si l'espérance était une sorte de bouée qui permet de continuer à marcher sans complications et sans inquiétudes de conscience ! Ou encore, comme si elle était un prétexte pour reporter sine die l'occasion de rectifier notre conduite, notre lutte pour atteindre des buts élevés et notamment notre fin suprême, qui est de nous unir à Dieu !
Je dirai même que c'est là un bon moyen de confondre l'espérance avec la commodité. Car le désir d'atteindre un vrai bien, un bien légitime, ni spirituel ni matériel, fait défaut. La plus haute aspiration de certains se réduit à se dérober à tout ce qui pourrait altérer la tranquillité apparente de leur médiocre existence. Avec cette âme timide, chétive et paresseuse, la créature se laisse atteindre par des formes subtiles d'égoïsme et se conforme à ce que jours et années s'écoulent sine spe nec metu: sans aspirations exigeant un effort, sans les inquiétudes de la mêlée. L'important est d'éviter le risque de déconvenues et de larmes. Que le moindre des buts demeure éloigné, si nous gâchons le désir de l'atteindre en y mêlant la crainte des exigences requises par sa poursuite !
Il y a aussi l'attitude superficielle de ceux qui, y compris sous des apparences de culture ou de science, composent avec le thème de l'espérance une poésie facile. Incapables de s'affronter sincèrement eux-mêmes et de prendre parti pour le bien, ils réduisent l'espérance à une illusion, à une rêverie utopique, à une simple consolation face aux angoisses d'une vie difficile. L'espérance la fausse espérance ! devient chez eux velléité frivole qui ne conduit à rien.
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