Josemaría Escrivá Obras
 
 
 
 
 
 
  Amis de Dieu > L’espérance du chrétien > Point 217
217

Je me dois de vous mettre en garde contre une embûche que Satan ne dédaigne pas d’utiliser — il ne prend pas de vacances, lui ! — pour nous arracher la paix. Parfois, peut-être, le doute s’insinue, et la tentation de penser que nous reculons lamentablement ou que nous n’avançons guère ; nous pouvons même en arriver à la conviction que, malgré toute notre obstination à nous améliorer, nous empirons. Je vous assure que, d’ordinaire, ce jugement pessimiste ne reflète qu’une illusion trompeuse, qu’il convient de rejeter. Il arrive souvent, dans ces cas-là, que l’âme est devenue plus attentive, la conscience plus fine, l’amour plus exigeant, ou bien que l’action de la grâce nous éclaire plus intensément, et qu’alors nombre de détails, qui dans la pénombre seraient passés inaperçus, nous sautent aux yeux. En tout état de cause nous devons prendre garde à ces inquiétudes, car, par cette lumière, le Seigneur nous demande plus d’humilité ou plus de générosité. Rappelez-vous que la Providence de Dieu nous conduit sans cesse et qu’elle ne lésine pas sur son secours, par des miracles prodigieux et par des miracles de moindre envergure, pour mener ses enfants de l’avant.

Militia est vita hominis super terram, et sicut dies mercenarii, dies eius, la vie de l’homme sur la terre est une vie de combat, et les jours de l’homme s’écoulent sous le fardeau du travail. Personne n’échappe à cette exigence, pas même les poltrons qui refusent de la comprendre : ils désertent les rangs du Christ et se démènent dans d’autres luttes pour satisfaire leur paresse, leur vanité, leurs ambitions mesquines ; ils vivent esclaves de leurs caprices.

La nécessité de lutter étant inhérente à la créature humaine, nous devons essayer d’accomplir nos obligations avec ténacité, en priant et en travaillant de bon gré, avec droiture d’intention et le regard tourné vers ce que Dieu veut. Nos désirs d’amour seront ainsi comblés, et nous progresserons sur notre chemin vers la sainteté, même si, au terme de chaque journée, nous constatons qu’il nous reste encore une grande distance à parcourir.

Chaque matin renouvelez sans réserve par un serviam ! je te servirai, Seigneur ! votre résolution de ne pas transiger, de ne point céder à la paresse ou à la négligence, d’affronter vos tâches avec davantage d’espérance et d’optimisme, bien persuadés que, s’il vous arrive d’être vaincus dans une escarmouche, vous pourrez sortir de l’ornière par un acte d’amour sincère.

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