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C'est une curieuse ingénuité que de s'imaginer que l'on vient facilement à bout des exigences de la charité chrétienne ! Il en va tout autrement, et dans les rapports entre les hommes, et, malheureusement, au sein de l'Eglise. Si l'amour ne nous empêchait pas de nous taire, chacun de nous en aurait long à conter: divisions, attaques, injustices, médisances, intrigues. Il faut tout bonnement l'admettre, pour essayer d'y remédier personnellement, en nous efforçant de ne blesser personne, de ne malmener personne, de ne pas accabler celui que l'on corrige.
Ce n'est pas une affaire nouvelle. Peu d'années après l'Ascension de Jésus-Christ, alors que presque tous les apôtres se rendaient encore d'un endroit à un autre et qu'une ferveur formidable dans la foi et l'espérance était générale, beaucoup cependant commençaient à se fourvoyer, à ne pas vivre la charité du Maître.
Du moment où il y a parmi vous jalousie et discorde, n'est-il pas évident que vous êtes charnels et votre conduite n'est-elle pas toute humaine ? Lorsque vous dites, l'un: “ moi je suis pour Paul , et l'autre: “ moi pour Apollos , n'est-ce pas là bien humain ?, n'est-ce pas là une conduite d'hommes qui ne comprennent pas que le Christ est venu abolir toutes ces divisions ? Qu'est-ce donc qu'Apollos ? Et qu'est-ce que Paul ? Des serviteurs par qui vous avez embrassé la foi, et chacun d'eux pour la part que le Seigneur lui a donnée. L'Apôtre ne rejette pas la diversité: chacun reçoit de Dieu son don particulier, l'un celui-ci, l'autre celui-là. Mais ces différences doivent être canalisées pour le bien de l'Eglise. Je me sens poussé maintenant à demander au Seigneur unissez-vous à ma prière si vous le voulez bien de ne pas permettre que le manque d'amour soit comme de l'ivraie semée dans le champ de son Eglise. La charité est le sel dans l'apostolat des chrétiens; s'il perd sa saveur, comment pourrions-nous affronter le monde et dire la tête haute: ici se trouve le Christ ?
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