Amis de Dieu > Vertus humaines > Point 85
85

Un coeur sage est proclamé intelligent, lit-on dans le livre des Proverbes. Nous ne comprendrions pas la prudence si nous la confondions avec la pusillanimité ou le manque d'audace. La prudence se manifeste dans l'habitus qui pousse à bien agir: à mettre en évidence la fin, et à chercher les moyens les plus sûrs pour l'atteindre.

Mais la prudence n'est pas une valeur suprême. Nous devons tous nous demander: prudence, pour quoi faire ? Parce qu'il existe une fausse prudence — que nous devons plutôt appeler ruse — qui est au service de l'égoïsme, qui profite des moyens les plus aptes à atteindre des fins déviées. Toute notre perspicacité ne nous sert alors à rien d'autre qu'à aggraver notre mauvaise disposition, au risque de nous faire encourir ce reproche que formulait saint Augustin dans sa prédication au peuple: prétends-tu faire pencher le coeur de Dieu, qui est toujours droit, pour qu'Il s'adapte à la perversité du tien ? C'est la fausse prudence de celui qui pense que ses propres forces sont suffisantes pour le justifier. Me vous complaisez pas dans votre propre sagesse, dit saint Paul, car il est écrit: “ Je détruirai la sagesse des sages, j'anéantirai l'intelligence des intelligents.

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