Josemaría Escrivá Obras
85

Un cœur sage est proclamé intelligent, lit-on au livre des Proverbes. Nous ne comprendrions pas la prudence si nous la confondions avec la pusillanimité ou le manque d’audace. La prudence se manifeste dans l’habitus qui pousse à bien agir : à mettre en évidence la fin, et à chercher les moyens les mieux appropriés pour l’atteindre.

Mais la prudence n’est pas une valeur suprême. Nous devons tous nous demander : prudence, pour quoi faire ? Car il existe une fausse prudence — que nous devons plutôt appeler ruse — qui est au service de l’égoïsme, qui profite des moyens les plus aptes à atteindre des fins déviées. Faire preuve d’une grande perspicacité ne sert alors qu’à aggraver notre mauvaise disposition, et à encourir ce reproche que saint Augustin formulait dans sa prédication au peuple : Prétends-tu faire pencher le cœur de Dieu, qui est toujours droit, pour qu’il s’adapte à la perversité du tien ? C’est la fausse prudence de celui qui pense que ses propres forces suffisent pour le justifier. Ne vous complaisez pas dans votre propre sagesse, dit saint Paul, car il est écrit : « Je détruirai la sagesse des sages, j’anéantirai l’intelligence des intelligents. ”

Précédent Voir le chapitre Suivant