Josemaría Escrivá Obras
 
 
 
 
 
 
  Entretiens > La femme dans la vie du monde et de l'Église > Point 103
103

Jugez-vous donc important d'élever les enfants dans une vie de piété dès qu'ils sont petits ? Pensez-vous qu'on doive faire en famille certains actes de piété ?

— Je considère que c'est précisément la meilleure façon de donner une formation chrétienne authentique aux enfants. La Sainte Écriture nous parle des familles des premiers chrétiens — L'Église qui est dans leur maison, dit saint Paul (1 Co 16, 19) — auxquelles la lumière de l'Évangile donnait un nouvel élan et une vie nouvelle.

Dans tous les milieux chrétiens on sait, par expérience, les bons résultats que donne cette initiation à la vie de piété, initiation naturelle et surnaturelle, faite dans la chaleur du foyer. L'enfant apprend à placer le Seigneur au niveau de ses premières affections, les affections fondamentales ; il apprend à traiter Dieu en Père et la Vierge en Mère ; il apprend à prier, en suivant l'exemple de ses parents. Lorsque l'on comprend cela, on voit la grande tâche apostolique que peuvent accomplir les parents, et combien ils sont obligés d'être sincèrement pieux, pour pouvoir transmettre — plutôt qu'enseigner — cette piété aux enfants.

Et les moyens ? Il y a des pratiques de piété — peu nombreuses, brèves et habituelles — qu'on a toujours suivies dans les familles chrétiennes et que je trouve merveilleuses : le bénédicité, le chapelet en commun — bien qu'il ne manque pas, à notre époque, de gens qui attaquent cette dévotion très solide à la Vierge —, les prières personnelles au moment de se lever et de se coucher. Sans doute s'agit-il de différentes coutumes, selon les endroits ; mais je pense que l'on doit encourager les membres de sa famille à faire ensemble quelque acte de piété, d'une façon simple et naturelle, sans bigoterie.

Nous obtiendrons de la sorte que Dieu ne soit pas considéré comme un étranger, que l'on va voir une fois par semaine, le dimanche, à l'église ; que Dieu soit regardé et traité tel qu'il est en réalité : et ceci, également au sein du foyer, car, comme l'a dit le Seigneur, que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon Nom, je suis là au milieu d'eux (Mt 18, 20).

Je le dis avec la reconnaissance et la fierté d'un fils : je continue à réciter — matin et soir, à haute voix — les prières que j'ai apprises, étant enfant, des lèvres de ma mère. Elles me conduisent à Dieu ; elles me font éprouver la tendresse avec laquelle on m'a enseigné à faire mes premiers pas de chrétien ; et, en offrant au Seigneur la journée qui commence ou en lui rendant grâces pour celle qui se termine, je demande à Dieu d'accroître, dans la gloire, le bonheur de ceux que j'aime spécialement, et de nous garder ensuite unis dans le ciel, pour toujours.

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