Josemaría Escrivá Obras
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Le sens authentique du christianisme — qui professe la résurrection de toute chair — s'affronte toujours, comme il est logique, avec la désincarnation, sans crainte d'être taxé de matérialisme. Il est donc permis de parler d'un matérialisme chrétien qui s'oppose audacieusement aux matérialismes fermés à l'esprit. Que sont les sacrements — empreintes de l'Incarnation du Verbe, comme l'affirmaient les anciens — sinon la manifestation la plus claire de ce chemin que Dieu a choisi pour nous sanctifier et nous mener au ciel ? Ne voyez-vous pas que chaque sacrement témoigne de l'amour de Dieu, dans toute sa force créatrice et rédemptrice, qui nous est concédé à l'aide de moyens matériels ? Qu'est l'Eucharistie — imminente déjà — sinon le Corps et le Sang adorables de notre Rédempteur, qui nous sont offerts à travers l'humble matière de ce monde — le vin et le pain —, à travers les éléments de la nature, cultivés par l'homme (Cf. Concile Vatican II, constitution pastorale Gaudium et Spes, 38), ainsi qu'a voulu le rappeler le dernier concile oecuménique ?

L'on comprend, mes enfants, que l'Apôtre pouvait écrire : tout est à vous; mais vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu (1 Co 3, 22-23). Il s'agit d'un mouvement ascendant que le Saint-Esprit, partout présent en nos coeurs, entend provoquer dans le monde : à partir de la terre, jusqu'à la gloire du Seigneur. Et pour qu'il fût clair que même ce qui semble le plus prosaïque était inclus dans ce mouvement, saint Paul écrivait également : soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, et quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu (1 Co 10, 31).


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