Josemaría Escrivá Obras
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Je nourris l'espoir — parce que cela répond à la justice et à une réalité que connaissent tant de pays — qu'un jour viendra où l'État espagnol contribuera, lui aussi, à réduire les charges d'une tâche qui ne vise à aucun profit privé et qui, au contraire, précisément parce qu'elle se met tout entière au service de la société, tente de collaborer efficacement à la prospérité présente et future de la nation.

Et maintenant, mes fils et mes filles, permettez-moi d'insister sur un autre aspect, cher entre tous, de la vie ordinaire. Je veux parler de l'amour humain, de l'amour pur entre l'homme et la femme, des fiançailles, du mariage. Je tiens à dire une fois de plus que ce saint amour humain n'est pas simplement une chose permise, tolérée, à côté des véritables activités de l'esprit, comme on pourrait le déduire des faux spiritualismes auxquels je faisais tout à l'heure allusion. Depuis quarante ans, je proclame exactement le contraire, par la parole et par l'écrit, et ceux qui ne le comprenaient pas commencent à le comprendre.

L'amour, qui conduit au mariage et à la famille, peut être également un chemin divin, un chemin de vocation, un chemin merveilleux, une voie qui aboutit à l'engagement total envers notre Dieu. Réalisez les choses avec perfection, je vous l'ai rappelé, apportez de l'amour aux petites activités de la journée, découvrez, j'insiste, ce quelque chose de divin que renferment les détails : cette doctrine trouve une place spéciale dans l'espace vital, qui forme le cadre de l'amour humain.

Vous le savez, professeurs, étudiants et vous tous qui vous consacrez à l'Université de Navarre : j'ai confié vos amours à Sainte Marie, Mère du Bel Amour. Vous avez là-bas la chapelle que nous avons construite avec dévotion dans le campus universitaire, pour qu'elle y accueille vos prières et l'offrande de cet amour, pur et splendide, qu'elle bénit.

Ne saviez-vous pas que votre corps est un temple du Saint-Esprit qui est en vous et que vous tenez de Dieu ? Et que vous ne vous appartenez pas ? (1 Co 6, 19) Que de fois, devant la statue de la Vierge Marie, Mère du Bel Amour, ne répondrez-vous pas à la question de l'Apôtre par une affirmation joyeuse : oui, nous le savons et nous voulons vivre ainsi, avec ton aide puissante, ô Vierge, Mère de Dieu !

La prière contemplative jaillira de vous, chaque fois que vous méditerez cette réalité surprenante : une chose aussi matérielle que mon corps a été choisie par l'Esprit Saint pour y établir sa demeure, je ne m'appartiens déjà plus, mon corps et mon âme — mon être tout entier — sont à Dieu et cette prière sera riche de résultats pratiques qui dériveront de cette grande conséquence proposée par le même apôtre : glorifiez Dieu dans votre corps (1 Co 6, 20).


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