Josemaría Escrivá Obras
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Quelles sont, à votre avis, les fonctions des associations ou des syndicats d'étudiants ? Comment doit-on envisager leurs relations avec les autorités académiques ?

— Vous me demandez d'exprimer un jugement sur une question bien vaste. Je ne vais donc pas descendre jusqu'aux plus petits détails ; je me contenterai de quelques idées générales. J'estime que les associations d'étudiants doivent intervenir dans les questions spécifiquement universitaires. Il faut qu'il y ait des représentants élus librement par leurs camarades, qui entretiennent des relations avec les autorités académiques, conscients de ce qu'ils doivent travailler à l'unisson dans une tâche commune : il y a là une nouvelle et excellente occasion de rendre vraiment service.

Ici s'impose un statut qui règle les moyens de réaliser cette tâche avec efficacité, avec justice et de manière rationnelle : les questions doivent être bien travaillées et bien pensées. Si les solutions proposées sont étudiées à fond, issues d'un désir de construire et non de fomenter des oppositions, elles acquerront une autorité intrinsèque qui les fera s'imposer d'elles-mêmes.

Voilà pourquoi il est nécessaire que les représentants des associations jouissent d'une sérieuse formation : qu'ils aiment en premier lieu la liberté des autres ainsi que leur propre liberté et la responsabilité qui en découle ; et ils ne cherchent pas à briller ni à s'attribuer par la suite des pouvoirs qu'ils ne possèdent point ; qu'ils cherchent, au contraire, le bien de l'Université, c'est-à-dire celui de leurs compagnons d'études. Il faut, de même, que les électeurs choisissent leurs représentants eu égard à ces qualités et non pour des motifs étrangers à l'efficacité de leur Alma Mater : ce n'est qu'ainsi que l'Université devient un foyer rayonnant de paix, un creuset, débordant d'une inquiétude sereine et noble, conditions qui faciliteront l'étude et la formation de chacun.

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