Josemaría Escrivá Obras
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Quel sens donnez-vous à la liberté d'enseignement et dans quelles conditions la jugez-vous nécessaire ? En ce sens quelles sont les attributions qu'il faut réserver à l'État dans le domaine de l'enseignement supérieur ? Estimez-vous que l'autonomie soit un principe fondamental dans l'organisation de l'Université ? Pourriez-vous nous donner les grandes lignes sur lesquelles se fonde le système de l'autonomie ?

— La liberté d'enseignement n'est qu'un aspect de la liberté en général. Je considère que la liberté personnelle est nécessaire à tous les hommes pour tout ce qui, est moralement licite. Liberté d'enseignement donc, à tous les niveaux et pour toutes les personnes. Ce qui revient à dire que toute personne ou association reconnues capables de fonder des centres d'enseignement doivent pouvoir le faire à conditions égales et sans entraves inutiles.

La fonction de l'État varie selon la situation sociale : elle est différente en Allemagne ou en Angleterre, au ,Japon ou aux États-Unis, pour parler de pays dont les structures quant à l'éducation sont fort diverses. L'État a des fonctions évidentes de promotion, de contrôle et de surveillance. Et cela exige des chances égales entre l'initiative privée et celle de l'État : surveiller ne signifie pas élever des obstacles ni empêcher ou limiter l'exercice de la liberté.

Voilà pourquoi Je considère que l'autonomie de l'enseignement est nécessaire ; et « autonomie » revient à dire liberté d'enseignement. L'Université en tant qu'association à vocation enseignante doit jouir d'une indépendance analogue à celle de l'organe dans le corps vivant : liberté, dans sa tâche spécifique en vue du bien commun.

Voici quelques manifestations possibles de la réalisation effective de cette autonomie : liberté dans le choix des professeurs et des administrateurs ; liberté dans l'établissement des programmes d'étude ; possibilité de constituer un patrimoine propre et de l'administrer ; en un mot, toutes les conditions requises pour que l'Université puisse jouir d'une vie propre. Et lorsqu'elle aura sa propre vie, elle saura se donner au bien de la société tout entière.

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