Josemaría Escrivá Obras
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Ne pensez-vous pas qu'après le concile Vatican II, des expressions comme « collèges de l'Église », « collèges catholiques », « Universités de 1'Église », etc., sont dépassées ? Ne pensez-vous pas que de telles expressions compromettent indûment l'Église ou font penser à des privilèges ?

— Non, ce n'est pas mon avis, du moins si par « collèges de l'Église », « collèges catholiques », etc. on se réfère à l'application du droit qu'a l'Église, ainsi que les ordres et les congrégations religieuses, de créer des centres d'enseignement. Fonder un collège ou une Université ne constitue pas un privilège mais plutôt une charge lorsqu'on veille à ce qu'ils soient des centres ouverts à tout le monde, et pas simplement à ceux qui disposent de revenus suffisamment élevés.

Le Concile n'a pas voulu qualifier de dépassées les institutions d'enseignement confessionnel ; il a seulement voulu faire remarquer qu'il y a un autre mode de présence chrétienne dans l'enseignement — un mode plus nécessaire même et plus universel, mode que les membres de l'Opus Dei vivent depuis tant d'années — et qui consiste en l'initiative libre de citoyens dont le travail professionnel est l'éducation au sein des centres érigés par l'État et hors de ceux-ci. Il s'agit d'une nouvelle preuve de ce que l'Église a actuellement une pleine conscience de la fécondité de l'apostolat des laïcs.

Mais je dois aussi avouer que je n'ai guère de sympathie pour des expressions telles que école catholique, collège de l'Église, etc., tout en respectant l'opinion de ceux qui pensent le contraire. Je préfère que les réalités se distinguent à leurs fruits, plutôt qu'à leur nom. Un collège sera effectivement chrétien si, tout en étant comme les autres et en s'appliquant à se surpasser, il réalise une tâche de formation complète — chrétienne y compris — dans un climat de liberté personnelle et dans le souci d'une justice sociale d'ailleurs impérieuse. S'il fait réellement tout cela, la question du nom aura perdu de son importance. Personnellement, je le répète, je préfère éviter ces adjectifs.

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