Josemaría Escrivá Obras
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Certains ont écrit que l'université de Navarre est une université de riches et qu'en outre elle reçoit une abondante subvention de l'État. En ce qui concerne le premier point, nous savons qu'il n'en est pas ainsi parce que nous sommes aussi étudiants et que nous connaissons nos camarades. Mais qu'en est-il au juste des subventions de l'État ?

— Il existe à ce sujet des données concrètes dont tout le monde peut prendre connaissance parce qu'elles ont été diffusées par la presse. Elles montrent que, les frais étant approximativement les mêmes que ceux des autres universités, il y a un nombre plus élevé que dans n'importe quelle autre université du pays, d'étudiants qui bénéficient d'une aide financière pour leurs études à l'université de Navarre. Je puis vous dire que ce nombre va encore augmenter pour arriver à un pourcentage supérieur ou au moins similaire à celui de l'Université non espagnole qui se distingue le plus par ses efforts en matière de promotion sociale.

Je comprends que l'attention soit attirée lorsqu'on voit l'université de Navarre, organisme vivant qui fonctionne de manière admirable, et que cela fasse supposer d'énormes moyens financiers. Mais en considérant les choses de cette façon, on ne tient pas compte de ce que les ressources matérielles ne sont pas suffisantes pour qu'une entreprise aille de l'avant avec bonheur. La vie de ce centre universitaire, en effet, doit beaucoup au dévouement, à l'enthousiasme serein et au travail qu'ont consacrés à l'université les professeurs, les étudiants, les employés, les appariteurs et ces excellentes et bien-aimées femmes de Navarre qui font le ménage, tous en un mot. S'il en eût été autrement, l'Université n'aurait pu acquérir de fondements durables.

Économiquement, l'université est financée par des subventions. Tout d'abord celles de la Diputación de Navarra pour les dépenses de fonctionnement. Il faut également signaler que la commune de Pampelune a cédé des terrains sur lesquels sont et seront construits les édifices, suivant en cela la coutume des municipalités de tant de pays. Vous connaissez par expérience l'intérêt moral et économique que suppose, pour une région comme celle de la Navarre et particulièrement pour Pampelune, le fait de pouvoir compter sur une université moderne qui donne à tous la possibilité de recevoir un enseignement supérieur solide.

Vous m'interrogez sur les subventions de l'État. L'État espagnol ne donne aucune aide pour les dépenses de fonctionnement de l'université de Navarre. Il a fait parvenir quelques subventions pour la création de nouveaux postes d'enseignement, qui allègent le grand effort économique que demandent les nouvelles installations.

Une autre source de revenus, en particulier pour l'École technique supérieure d'ingénieurs industriels, est constituée par les Corporations du Guipuzcoa, et, notamment la Caisse d'Épargne provinciale du Guipuzcoa.

L'aide de fondations espagnoles ou étrangères, nationales et privées, a occupé une place de premier plan dès les débuts de l'université : ainsi, une importante dotation officielle des États-Unis a permis de monter le matériel scientifique de l'Ecole des ingénieurs industriels. L'oeuvre d'assistance allemande Misereor a contribué à la mise en oeuvre des nouveaux édifices ; il faut signaler aussi l'aide de la Fondation Huarte pour les recherches sur le cancer, les contributions de la fondation Gulbenkian, etc.

Il y a ensuite l'aide à laquelle nous sommes le plus sensibles : celle de milliers de personnes, de toutes les classes sociales, dont beaucoup ont de modiques revenus, qui, en Espagne et hors d'Espagne, collaborent dans la mesure de leurs moyens au soutien de l'université.

Enfin, on ne peut oublier les entreprises qui accordent leur intérêt et leur coopération aux efforts de recherche scientifique de l'université ou l'aident autrement.

Vous pensez peut-être qu'avec tout cela il y a trop d'argent. Eh bien, non ! L'université de Navarre est encore et toujours en déficit. Je souhaiterais que davantage encore de personnes et de fondations nous aident à pouvoir continuer avec une plus large extension ce travail de service et de promotion sociale.

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