Josemaría Escrivá Obras
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La mission des laïcs s'exerce, selon le Concile, dans l'Église et dans le monde. Il arrive fréquemment que cela ne soit pas compris correctement et que l'on ne s'attache qu'à l'un ou l'autre des deux termes. Comment expliqueriez-vous la tâche des laïcs dans l'Église et la tâche qu'ils doivent accomplir dans le monde ?

— Je ne pense, en aucune façon, qu'il s'agisse là de deux tâches différentes, dès l'instant où la participation spécifique du laïc à la mission de l'Église consiste précisément à sanctifier ab intra — de manière immédiate et directe — les réalités séculières, l'ordre temporel, le monde.

La vérité est que le laïc, outre cette tâche qui lui est propre et spécifique, possède également — comme les prêtres et les religieux — une série de facultés, de droits et de devoirs fondamentaux qui répondent à la condition juridique de fidèle et qui trouvent logiquement à s'exercer à l'intérieur de la société ecclésiastique : participation active à la liturgie de l'Église, faculté de coopérer directement à l'apostolat de la Hiérarchie ou de conseiller cette dernière dans sa tâche pastorale, s'il y est invité, etc.

Ces deux tâches — la tâche spécifique qui incombe au laïc en tant que laïc et la tâche générique ou commune qui lui incombe en tant que fidèle — ne sont pas opposées, mais superposées, et elles ne sont pas contradictoires mais complémentaires. Fixer son attention sur la seule mission spécifique du laïc, en oubliant sa condition concomitante de fidèle, serait aussi absurde qu'imaginer un rameau, vert et fleuri, n'appartenant à aucun arbre. Oublier ce qui est spécifique, propre et particulier au laïc, ou ne pas comprendre suffisamment les caractéristiques de ces tâches apostoliques séculières et leur valeur ecclésiale, ce serait réduire l'arbre touffu de l'Église à la condition monstrueuse de simple tronc.

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