Josemaría Escrivá Obras
 
 
 
 
 
 
  Entretiens > La femme dans la vie du monde et de l'Église > Point 99
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Vous venez de parler de l'unité familiale comme d'une grande valeur. Cela peut donner lieu à la question suivante : comment se fait-il que l'Opus Dei n'organise pas d'activités de formation spirituelle auxquelles participent ensemble mari et femme ?

— En cela, comme en beaucoup d'autres choses, nous avons, nous chrétiens, la possibilité de choisir entre diverses solutions selon nos préférences ou opinions personnelles, sans que personne puisse prétendre nous imposer un système unique. Il faut fuir comme la peste ces façons de concevoir la pastorale, et en général l'apostolat, qui ressemblent à une nouvelle édition, revue et augmentée, du parti unique dans la vie religieuse.

Je sais qu'il y a des groupes de catholiques qui organisent des retraites spirituelles et autres activités formatrices pour les ménages. Il me paraît très bien que, dans l'usage de leur liberté, ils fassent ce qu'ils jugent opportun ; et aussi que ceux qui y trouvent le moyen de mieux vivre la vocation chrétienne participent à ces activités. Mais je considère que ce n'est pas l'unique possibilité, et il n'est pas évident non plus que ce soit la meilleure.

Il y a beaucoup de formes de la vie ecclésiale que les couples et même toute la famille peuvent et doivent quelquefois pratiquer ensemble, telle que la participation au sacrifice eucharistique et à d'autres actes du culte. Je pense, cependant, que certaines activités déterminées de formation spirituelle sont plus efficaces si le mari et la femme s'y adonnent séparément. D'une part, on souligne ainsi le caractère fondamentalement personnel de la sanctification, de la lutte ascétique, de l'union avec Dieu, qui, plus tard, se répandent sur les autres, mais, où la conscience de chacun ne peut être substituée. D'autre part, il est ainsi plus facile d'adapter la formation aux exigences et aux besoins personnels et même à la psychologie de chacun. Cela ne veut pas dire que, dans ces activités, on fasse abstraction du fait que les assistants sont mariés : rien n'est plus loin de l'esprit de l'Opus Dei.

Voilà quarante ans que je dis et écris que chaque homme, chaque femme doit se sanctifier dans sa vie ordinaire, dans les conditions concrètes de son existence quotidienne ; que les époux par conséquent doivent se sanctifier en accomplissant parfaitement leurs obligations familiales. Dans les retraites spirituelles et autres moyens de formation que l'Opus Dei organise et auxquels assistent des personnes mariées, on fait toujours en sorte que les époux prennent conscience de la dignité de leur vocation matrimoniale et que, avec l'aide de Dieu, ils se préparent à mieux la vivre.

À bien des égard, les exigences et les manifestations pratiques de l'amour conjugal sont différentes chez l'homme et chez la femme. Avec des moyens spécifiques de formation on peut les aider efficacement à découvrir ces valeurs dans la réalité de leur vie ; en sorte que cette séparation de quelques heures, de quelques jours, les rendra plus unis et les fera s'aimer mieux et davantage au fil des années, d'un amour plein aussi de respect.

Je répète qu'en cela nous ne prétendons pas non plus que notre façon d'agir soit la seule bonne, ou que tout le monde doive l'adopter. Il me semble simplement qu'elle donne de bons résultats et qu'il y a de fortes raisons — en plus d'une longue expérience — pour agir ainsi, mais je ne critique pas l'opinion inverse.

En plus, je dois dire que, si à l'Opus Dei nous suivons ce critère pour certaines initiatives de formation spirituelle, cependant, pour d'autres genres d'activités très variées, les ménages y participent et collaborent comme tels. Je songe, par exemple, au travail qu'on accomplit avec les parents des élèves dans les écoles dirigées par des membres de l'Opus Dei ; Je songe également aux réunions, conférences, etc., qui sont spécialement consacrées aux parents des étudiants qui vivent dans les résidences dirigées par l'OEuvre.

Voyez-vous, lorsque la nature de l'activité exige la présence des ménages, le mari et la femme participent à ces activités. Mais ce genre de réunions et d'initiatives est différent des activités qui sont directement axées sur la formation spirituelle personnelle.

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