Forge > Lutte > Chap 2
58

L'élection divine a pour signe et pour exigence la sainteté personnelle.


59

Si tu réponds à l'appel que t'a adressé le Seigneur, ta vie — ta pauvre vie! — laissera dans l'histoire de l'humanité un sillon large et profond, lumineux et fécond, un sillon éternel et divin.


60

Chaque jour tu dois te sentir obligé d'être saint. — Oui, saint! Ce qui ne veut nullement dire que tu fasses quoi que ce soit d'étrange, mais simplement que tu luttes dans ta vie intérieure et dans l'accomplissement héroïque, achevé de ton devoir.


61

La sainteté ne consiste pas à faire de grandes choses. Elle est avant tout une lutte pour que, dans le domaine surnaturel, la vie ne s'éteigne pas: elle consiste pour toi à te laisser brûler jusqu'à la dernière fibre, en servant Dieu à la dernière place..., ou à la première: là où le Seigneur t'appellera.


62

Notre-Seigneur ne s'est pas contenté de nous dire qu'Il nous aime: Il nous l'a montré par ses oeuvres et par sa vie tout entière. — Et toi?


63

Si tu aimes Notre-Seigneur, tu dois "nécessairement" ressentir la charge bénie des âmes, qu'il faut mener à Dieu.


64

Pour qui veut vivre de l'Amour (avec une majuscule), le moyen terme est bien peu de chose: mesquinerie, calcul misérable.


65

Voilà ce que je te prescris pour ton chemin de chrétien: prière, pénitence, travail inlassable, dans l'accomplissement plein d'amour de ton devoir.


66

Mon Dieu, apprends-moi à aimer! — Mon Dieu, apprends-moi à prier!


67

Nous devons demander à Dieu la foi, l'espérance, la charité, humbles, persévérants dans notre prière, droits dans notre conduite et honnêtes dans nos moeurs.


68

Tu ne sais comment me remercier pour ce saint zèle qui s'est emparé de ton âme, m'as-tu dit.

     — Et moi de te répondre bien vite que ce n'est pas moi mais le Saint-Esprit qui fait vibrer ton âme.

     — Aime-Le donc, recherche sa compagnie. — C'est ainsi que tu L'aimeras davantage et mieux; et tu Le remercieras d'avoir pris possession de ton âme, pour te faire don de la vie intérieure.


69

Un objectif pour ta lutte: que le saint Sacrifice de l'Autel devienne le centre et la racine de ta vie intérieure; et toute ta journée rendra un culte à Dieu (prolongation de la Messe que tu as entendue, préparation de la suivante); et un culte qui se manifestera par des oraisons jaculatoires, par des visites au Saint-Sacrement, par l'offrande de ton travail professionnel et de ta vie de famille.


70

Efforce-toi de rendre grâces à Jésus dans l'Eucharistie en chantant les louanges de Notre-Dame, de la Vierge pure, sans tache, de celle qui a mis au monde le Seigneur.

     — Et, audacieux comme un enfant, ose dire ces paroles à Jésus: mon bel amour, bénie soit la Mère qui t'a mis au monde!

     Cela lui fera plaisir à coup sûr, et Il n'en mettra que plus d'amour dans ton âme.


71

Saint Luc, l'Evangéliste, évoque Jésus en train de prier... Comment devait-elle être, la prière de Jésus!

     Contemple calmement cette réalité: les disciples vivent dans l'intimité de Jésus-Christ. Et au fil de ces conversations — comme par son exemple — le Seigneur leur apprend comment ils doivent prier; Il leur révèle ce grand prodige de la miséricorde divine: nous sommes enfants de Dieu et nous pouvons nous adresser à Lui, comme un enfant parle à son Père.


72

Au seuil de chacune de tes journées, lorsque tu te disposes à travailler près du Christ et à répondre à tant d'âmes qui Le cherchent, convaincs-toi qu'il n'existe qu'un seul chemin, le recours à Notre-Seigneur.

     C'est seulement dans la prière et par la prière que nous apprenons à servir les autres!


73

Souviens-t'en: la prière ne consiste pas à faire de beaux discours, des phrases grandiloquentes, consolantes...

     La prière, c'est parfois un simple regard sur une représentation de Notre-Seigneur ou de sa Mère; d'autres fois encore l'offrande de tes bonnes oeuvres, des fruits de ta fidélité...

     Comme la sentinelle qui veille, nous devons nous tenir nous autres à la porte de Dieu Notre-Seigneur: et cela c'est prier. Un peu comme le petit chien aux pieds de son maître.

     — N'aie pas peur de le lui dire: Seigneur, tu me vois ici comme un chien fidèle; ou mieux, comme un petit âne qui n'enverra pas de ruades à celui qui l'aime.


74

Nous devons tous être "ipse Christus" — le Christ lui-même. C'est ce que nous recommande saint Paul au nom de Dieu: "induimini Dominum Iesum Christum" — revêtez-vous de Jésus-Christ.

     Que chacun d'entre nous — et toi aussi! — examine comment il se revêt de ce vêtement dont nous parle l'Apôtre; que chacun ne cesse de dialoguer personnellement avec le Seigneur.


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