Josemaría Escrivá Obras
 
 
 
 
 
 
  Forge > Creuset > Chap 3
75

Ta prière ne saurait s’en tenir à de simples paroles ! Elle doit porter sur la réalité et entraîner des conséquences pratiques !


76

Prier: c’est la voie qui nous fait couper court à tous les maux dont nous souffrons.


77

Ce conseil que je te donne, je ne me lasserai pas de le redire aux âmes: aime à la folie la Mère de Dieu, notre Mère.


78

Pour l’héroïsme, la sainteté, l’audace, il faut une préparation spirituelle constante. Tu ne donneras jamais aux autres que ce que tu possèdes: aussi, pour donner Dieu, tu dois le fréquenter, vivre de sa Vie, le servir.


79

Pour que cela s’imprime bien dans ton âme, je ne me lasserai jamais de te redire: piété, piété et piété ! Car si tu manques à la charité, ce sera par manque de vie intérieure, non à cause de ton mauvais caractère.


80

Tout comme un petit enfant a besoin de sentir ses parents près de lui quand il se lève ou se couche, si tu es un bon fils de Dieu, c’est à lui qu’iront ta première et ta dernière pensée de chaque jour.


81

Tu dois être constant et exigeant envers toi-même pour vivre tes pratiques de piété, quand bien même tu te sens fatigué et qu’elles te paraissent arides. Sois persévérant ! Elles sont alors comme les grands piquets peints en rouge qui, sur les routes de montagne, servent de repère quand la neige est tombée, pour indiquer toujours le bon chemin en toute certitude.


82

Efforce-toi de répondre à chaque instant à ce que Dieu te demande: sois résolu à l’aimer par des oeuvres. — Par de petites oeuvres, mais sans en négliger aucune.


83

La vie intérieure s’affermit grâce à la lutte dans les pratiques quotidiennes de piété, que tu dois accomplir avec amour — mieux encore: que tu dois vivre ! — car notre chemin d’enfants de Dieu est un chemin d’Amour.


84

Cherche Dieu au fond de ton cœur — limpide, pur —, au fond de ton âme quand tu lui es fidèle, et ne perds jamais cette intimité !

     — Et s’il t’arrive de ne pas savoir comment lui parler, ni quoi lui dire, ou si tu n’oses pas chercher Jésus en toi, aie recours à Marie, “tota pulchra” (toute pure et si belle); et confie-toi à elle: Notre-Dame, notre Mère, le Seigneur a voulu qu’il vous échoie de prendre soin de Dieu, de vos propres mains, apprenez-moi — apprenez-nous à nous tous — à fréquenter votre Fils !


85

Inculquez aux âmes l’héroïsme d’accomplir à la perfection les petites choses de chaque jour: comme si le salut du monde dépendait de chacun de ces actes.


86

Par ta vie de piété, tu apprendras à pratiquer les vertus qui sont le propre de ta condition d’enfant de Dieu, de chrétien.

     — Et, avec ces vertus, tu acquerras toute cette gamme de valeurs spirituelles, qui paraissent petites, mais qui en réalité sont grandes; ces pierres précieuses qui brillent et que nous devons ramasser au long du chemin, pour les mettre au pied du trône de Dieu, au service des hommes: la simplicité, la joie, la loyauté, la paix, les petits renoncements, les services qui passent inaperçus, le fidèle accomplissement du devoir, l’amabilité...


87

Ne te crée pas d’autre obligation que... la gloire de Dieu, son Amour, son Apostolat.


88

Le Seigneur t’a fait voir clairement ton chemin de chrétien au milieu du monde. Or tu m’assures que très souvent tu as pensé avec envie (tout en m’avouant que ce n’était au fond que pure facilité) au bonheur d’être un inconnu qui travaille ignoré de tous, dans un coin retiré... rien que Dieu et toi !

     — Et maintenant, outre l’idée d’aller évangéliser le Japon, tu penses aussi à cette vie cachée et endurante… Mais si, une fois libéré d’autres obligations naturelles et saintes, tu cherchais à te “cacher” dans une institution religieuse quelconque, sans que ce soit ta vocation, tu n’en serais pas plus heureux. Tu n’aurais pas la paix. Tu aurais fait ta volonté, non celle de Dieu.

     — Ta “vocation” s’appellerait alors défection: effet non d’une inspiration divine, mais d’une simple peur humaine face à la lutte que tu devines. Et de cela… pas question !


89

La vie chaste, la sainte pureté se heurtent à une grande difficulté, à laquelle nous sommes tous exposés: le danger de l’embourgeoisement, dans la vie spirituelle ou dans la vie professionnelle; le danger, y compris pour ceux que Dieu a appelés au mariage, de vivre en célibataires, en égoïstes, en personnes sans amour.

     — Combats ce risque à sa racine même, sans t’accorder de concessions d’aucune sorte.


90

Pour vaincre ta sensualité — car nous devrons toujours supporter ce petit âne qu’est notre corps — tu dois vivre chaque jour avec générosité des petites mortifications et parfois des grandes; et tu dois rester en présence de ce Dieu qui ne cesse jamais de te regarder.


91

Ta chasteté ne peut se limiter à éviter la chute, la mauvaise occasion...Elle ne saurait aucunement être négation froide, mathématique.

— Comprends-tu que la chasteté est une vertu et que, en tant que telle, elle doit croître et se perfectionner ?

— La continence, selon ton état, ne te suffit donc pas: tu dois être chaste, en poussant cette vertu jusqu’à l’héroïsme.


92

La bonne odeur du Christ — “bonus odor Christi” — est aussi celle de notre vie pure, celle de la chasteté, chacun selon son état, je le répète, celle de la sainte pureté, qui est une affirmation joyeuse: quelque chose d’entier et de délicat à la fois, de fin, qui va jusqu’à bannir de notre langage des paroles inconvenantes, qui ne sauraient plaire à Dieu.


93

Habitue-toi à remercier par avance les anges gardiens..., pour mieux les obliger à te rendre service.


94

Ainsi qu’aux premiers temps, on devrait pouvoir dire de tout chrétien qu’il est “porteur de Dieu”.

     — Comporte-toi de telle manière que l’on puisse “en toute vérité” te donner ce titre admirable.


95

Pense à ce qui arriverait si nous autres chrétiens, nous ne voulions pas vivre en chrétiens... et corrige ta conduite !


96

Attache-toi à voir le Seigneur derrière chaque événement, chaque circonstance. Ainsi tu sauras tirer de tout ce qui t’arrive davantage d’amour de Dieu, davantage de désir de le payer de retour, parce qu’il nous attend toujours et qu’il nous offre la possibilité d’accomplir continuellement cette résolution que nous avons prise: “serviam !” je te servirai !


97

Renouvelle chaque jour le désir efficace de t’anéantir, de renoncer à toi, d’avancer “in novitate sensus”, avec une vie renouvelée, en substituant à toute cette misère qui est la nôtre la grandeur cachée et éternelle de Dieu.


98

Seigneur ! accorde-moi de t'appartenir tellement que même les sentiments les plus saints ne puissent pénétrer dans mon cœur que par ton Cœur blessé.


99

Efforce-toi d’être délicat, d’être une personne bien élevée. Ne sois pas grossier !

— Délicatesse toujours, ce qui ne veut pas dire affectation.


100

La charité obtient tout. Sans la charité on ne peut rien faire.

     L’Amour ! Voilà donc le secret de ta vie... Aime ! Souffre avec joie. Fortifie ton âme. Virilise ta volonté. Assure ton abandon à la volonté de Dieu, car c’est par là que l’efficacité viendra.


101

Sois simple et pieux comme un enfant, et solide et fort comme un chef.


102

La paix, celle qui apporte la joie, le monde ne peut la donner.

     Les hommes passent leur temps à faire la paix, et ils restent toujours empêtrés dans des conflits, parce qu’ils ont oublié ces bons conseils: lutter contre soi-même, recourir à l’aide de Dieu, pour que lui seul triomphe et pour gagner ainsi la paix en nous-mêmes, dans notre propre foyer, dans la société et dans le monde.

     — Si nous nous conduisons ainsi, nous connaîtrons, toi et moi, la joie, cet apanage des vainqueurs. Et, avec la grâce de ce Dieu qui ne perd pas de batailles, si l’humilité ne nous manque pas, nous pourrons nous dire vainqueurs.


103

Ta vie, ton travail ne doivent pas se réduire à quelque chose de négatif, ni être “anti-quoi que ce soit.” Ils sont, ils doivent être affirmation, optimisme, jeunesse, joie et paix.


104

Il y a deux aspects fondamentaux dans la vie des peuples: les lois sur le mariage et les lois sur l’enseignement. Sur ces points-là, les enfants de Dieu doivent se montrer fermes, batailler dur, avec noblesse, pour l’amour de toutes les créatures.


105

La joie est un bien du chrétien dont nous jouissons tant que nous luttons, car elle arrive à nous avec la paix. La paix vient d’avoir remporté la victoire. Et la vie de l’homme sur la terre n’est que lutte, comme nous le lisons dans la sainte Écriture,


106

Notre guerre divine est une merveilleuse semence de paix.


107

Celui qui cesse de lutter fait du tort à l’Église, à sa mission surnaturelle, à ses frères, à toutes les âmes.

— Examine-toi: ne pourrais-tu pas faire « vibrer » davantage l'amour de Dieu dans ta lutte spirituelle ? — Je prie pour toi... et pour tous. Alors, toi, fais-en autant.


108

Si quelque chose en moi te déplaît, Jésus, dis-le moi, et nous l’arracherons !


109

II y a un ennemi de la vie intérieure, mesquin et stupide, mais malheureusement très efficace: le manque d’effort dans l’examen de conscience.


110

Dans l’ascétique chrétienne, l’examen de conscience répond à un besoin d’amour; c’est une question de sensibilité.


111

Si quelque chose en toi n’est pas en accord avec l’esprit de Dieu, abandonne-le tout de suite !

     Pense aux apôtres: ils ne valaient rien par eux-mêmes, mais au nom du Seigneur, voilà qu’ils font des miracles. Seul Judas — peut-être a-t-il lui aussi fait des miracles — s’est écarté du chemin parce qu’il s’est séparé volontairement du Christ, parce qu’il n’a pas su se couper, violemment et vaillamment, de ce qui n’était pas en accord avec l’esprit de Dieu.


112

Mon Dieu, quand vais-je me convertir ?


113

Pour être saint, n’attends pas d’être vieux: quelle grande erreur ce serait !

     — Mets-toi à l’œuvre dès maintenant, avec sérieux, joie et entrain, dans tes obligations actuelles, ton travail, ta vie quotidienne...

     N’attends pas d’être vieux pour être saint: non seulement ce serait une grande erreur, je te le répète, mais tu ne sais même pas si ce moment viendra pour toi.


114

Demande à notre-Seigneur de t’accorder toute la sensibilité nécessaire pour prendre conscience de la malignité du péché véniel, pour y voir un ennemi authentique et radical de ton âme; et pour l’éviter, avec la grâce de Dieu.


115

Sois serein, évite les scrupules, mais lorsque tu penses à ta vie, demande pardon à Dieu pour tes fautes et prends la résolution ferme, concrète et bien déterminée d'améliorer en ceci et en cela, sur ce point qui te coûte, et sur cet autre point où tu n’accomplis habituellement pas ton devoir comme tu devrais, tout en le sachant très bien.


116

Remplis-toi de bons désirs. C’est une chose sainte, et que Dieu encourage. Mais n’en reste pas là ! Homme ou femme, tu dois être une âme sensible aux réalités. Pour que tes bons désirs aboutissent à quelque chose, il faut que tu formules des résolutions claires, précises.

     — Et ensuite, mon fils, à toi de lutter pour les mettre en pratique, avec l’aide de Dieu !


117

Comment faire pour que mon amour du Seigneur soit durable, pour qu’il grandisse ? me demandes-tu dans ton ardeur.

     — Dépouille-toi du vieil homme, mon fils; jusqu’à renoncer avec joie à ces choses, bonnes en elles-mêmes, mais qui t’empêchent de te détacher de ton moi... Dis sans cesse au Seigneur, par tes œuvres: “Me voici pour faire ce que tu voudras”.


118

Être saint ! Un fils de Dieu se doit d’exagérer la vertu, si tant est que l’on puisse exagérer en la matière... Car les autres se regarderont en lui comme dans un miroir, et c’est seulement s’il vise très haut qu'ils parviendront à la moyenne.


119

N’aie pas honte de découvrir le “fomes peccati” dans ton cœur, cette inclination au mal qui t’accompagnera tant que tu vivras, car personne n’est exempt de ce fardeau.

     N’aie pas honte ! Le Seigneur, qui est tout-puissant et miséricordieux, nous a donné les moyens appropriés pour dominer cette inclination: les sacrements, la vie de piété et le travail sanctifié.

     — Aies-y recours avec persévérance, en étant disposé à commencer et à recommencer, sans te décourager.


120

Seigneur, délivre-moi de moi-même !


121

Un apôtre qui ne pratique pas l’oraison de façon habituelle et méthodique, ne peut que tomber dans la tiédeur... et cesser d’être apôtre.


122

Seigneur ! à partir de maintenant, fais que je ne sois plus “moi”, mais “cet autre” que tu veux que je sois !

     — Fais que je ne refuse rien de ce que tu me demanderas ! Que je sache prier ! Que je sache souffrir ! Que rien ne me préoccupe, sinon ta gloire. Que je sente constamment ta présence !

     — Fais que j’aime le Père, et que je te désire, toi, mon Jésus, dans une Communion permanente ! Que l’Esprit Saint embrase mon âme !


123

“Meus es tu” — tu es à moi, t’a dit le Seigneur.

     — Ce Dieu, qui est toute beauté et toute sagesse, toute grandeur et toute bonté, penser qu’il te dit, à toi, que tu es à lui !... et que tu ne saches pas comment lui répondre !


124

Ne t’étonne pas si, dans ta vie, tu éprouves cette pesanteur dont parlait saint Paul: “J’aperçois une autre loi dans mes membres qui lutte contre la loi de ma raison”.

     — Souviens-toi alors que tu es au Christ, et tourne-toi vers la Mère de Dieu, qui est ta Mère: ils ne t’abandonneront pas.


125

Reçois les conseils que l’on te donne dans la direction spirituelle comme s’ils venaient de Jésus-Christ en personne.


126

Tu m’as demandé un conseil qui t’aide à vaincre dans tes batailles quotidiennes, et je t’ai répondu: quand tu ouvriras ton âme, raconte en premier lieu ce que tu ne voudrais pas que l’on sache. Ainsi le diable sera toujours vaincu.

     — Ouvre toute grande ton âme avec clarté et simplicité afin que le soleil de l’Amour de Dieu y pénètre jusqu’au dernier recoin !


127

Si le démon muet — dont nous parle l’Évangile — s’introduit dans ton âme, il gâtera tout. En revanche, tout va bien si on le repousse tout de suite; on avance alors plein de joie, et tout réussit.

     — Prendre la ferme résolution d’être d’une “sincérité sauvage” dans l’entretien spirituel, mais en personne bien élevée... Et que cette sincérité soit immédiate.


128

Aime celui qui a la charge de ton âme, et recherche son aide. Dans la direction spirituelle, mets ton cœur à nu, complètement — montre-le pourri s’il est pourri ! — Sois sincère, aie envie de guérir, faute de quoi cette pourriture ne disparaîtra jamais.

     Si tu as recours à quelqu’un qui ne peut que nettoyer superficiellement la plaie..., tu n’es qu’un lâche, parce qu’au fond tu viens à lui pour cacher la vérité, à ton détriment.


129

N’aie jamais peur de dire la vérité, mais n’oublie pas que, parfois, il vaut mieux se taire, par charité envers le prochain. Mais ne te tais jamais par négligence, par facilité ou par lâcheté.


130

Le monde vit du mensonge. Et cela fait vingt siècles que la Vérité est venue aux hommes !

     — Il faut dire la vérité ! Et c’est à cela que nous sommes destinés, nous autres, fils de Dieu. Le jour où les hommes s’habitueront à proclamer et à entendre la vérité, il y aura davantage de compréhension sur notre terre.


131

Ce serait pratiquer une fausse charité, une charité diabolique et mensongère que de céder sur des questions de foi. “Fortes in fide” — soyez forts dans la foi, fermes comme l’exige saint Pierre.

     — Nul fanatisme en cela, il s’agit simplement de vivre notre foi : non de manquer d’amour à l’égard de qui que ce soit. Nous pouvons céder sur tout ce qui est accessoire, mais en matière de foi nous ne pouvons pas céder: nous ne pouvons pas donner l’huile de nos lampes, sinon l’Époux les trouverait éteintes.


132

L’humilité et l’obéissance sont des conditions indispensables pour recevoir la bonne doctrine.


133

Accueille en toi la parole du pape, et que ton adhésion soit religieuse, humble, intérieure et efficace: fais-toi l’écho de sa parole !


134

Aime le Souverain Pontife, vénère-le; prie pour lui, mortifie-toi pour lui avec de plus en plus d’affection chaque jour, lui qui est la pierre de fondation de l’Église, qui prolonge parmi les hommes tout au long des siècles et jusqu’à la fin des temps cette mission de sanctification et de gouvernement que Jésus a confiée à Pierre.


135

Envers le pape, le vice-Christ sur la terre, tu dois montrer aussi le plus grand amour, la plus grande estime, la plus profonde vénération, en même temps que l’obéissance la plus soumise et la plus grande affection.

     Nous autres catholiques, nous comprenons bien qu’après Dieu et notre Mère la très Sainte Vierge, c’est le Saint-Père qui vient en troisième lieu dans la hiérarchie de l’amour et de l’autorité.


136

Que la considération que tu peux faire chaque jour de la charge très lourde qui pèse sur le pape et sur les évêques te porte à les vénérer, à les aimer d’une affection véritable, à les aider par ta prière.


137

Que ton amour pour la Sainte Vierge soit plus vif, plus surnaturel.

     — Ne recours pas seulement à Sainte Marie pour lui demander des choses.

     Vas aussi vers elle pour lui donner de l'affection, lui donner de ton amour pour son divin Fils: pour lui témoigner cet amour par des œuvres de service dans tes rapports avec les autres, parce qu’ils sont aussi ses enfants.


138

Jésus est notre modèle. Imitons-le !

— Imitons-le en servant la sainte Église et toutes les âmes.


139

Lorsque tu contemples la scène de l’Incarnation, ravive dans ton âme la résolution d’une “humilité pratique”. Considère qu’il s’est abaissé et qu’il a pris notre pauvre nature.

     — C’est pourquoi, chaque jour, tu dois réagir —immédiatement—, avec la grâce de Dieu, pour accepter—pour aimer— les humiliations que le Seigneur te réservera.


140

Vis ta vie chrétienne avec naturel ! J’insiste: fais connaître le Christ par ta conduite comme un bon miroir qui renvoie une image non déformée, non caricaturale. — Si tu es aussi bon que ce miroir, tu reflèteras la vie du Christ, et les autres pourront voir.


141

Si tu es vaniteux, si tu ne te préoccupes que de ton seul confort personnel, si tu fais de toi le centre de l’existence des autres et même de celle du monde, tu n’as pas droit au nom de chrétien, tu ne peux pas te prendre pour un disciple du Christ. C’est lui, en effet, qui a tracé la limite de son exigence quand il a offert pour chacun “et animam suam”, jusqu’à son âme, jusqu’à sa vie tout entière.


142

Que “l’humilité de l’entendement” soit de règle chez toi.

     Prends la peine d’y penser... N’est-il pas vrai qu’on a du mal à comprendre qu’il puisse y avoir des “orgueilleux de l’entendement” ? Un saint docteur de l’Église montrait bien que “c’est un désordre détestable que l’homme, alors qu’il a vu Dieu fait enfant, continue néanmoins toujours de vouloir paraître grand sur la terre”.


143

Quand tu auras quelqu’un à tes côtés — qui que ce soit —, sans rien faire d’étrange, cherche comment lui faire partager ta joie d’être et de vivre en fils de Dieu.


144

Quelle grande et belle mission le Divin Maître nous a confiée: servir ! — Aussi ce bon esprit — cette insigne dignité — est-il parfaitement compatible avec l’amour de la liberté qui doit imprégner le travail des chrétiens.


145

Tu n’as pas le droit de manquer à la miséricorde envers qui que ce soit. Et s’il te semble que telle personne n’est pas digne de cette miséricorde, dis-toi que tu ne mérites rien non plus.

     —Tu ne mérites pas d’avoir été créé, ni d’être chrétien, ni d’être enfant de Dieu, ni d’appartenir à ta famille...


146

Ne néglige pas la pratique de la correction fraternelle, cette manifestation évidente de la vertu surnaturelle de la charité. Il en coûte ! Il est tellement plus facile de ne rien faire. C’est plus facile ! Mais ce n’est guère surnaturel.

     — Et de ces omissions, tu devras rendre compte à Dieu.


147

Quand tu devras la faire, la correction fraternelle devra être imprégnée de délicatesse — de charité ! — dans la forme comme dans le fond, car tu es à ce moment-là un instrument de Dieu.


148

Si tu sais aimer les autres et diffuser autour de toi cette affection, qui n’est autre que la charité du Christ, toute de finesse et d’attentions délicates, vous pourrez, vous tous, vous appuyer les uns sur les autres. Et celui qui sera sur le point de tomber se sentira soutenu — et entraîné — par cette force fraternelle, afin d’être fidèle à Dieu.


149

Applique ton esprit à la mortification de petits riens qui touchent à la charité, en ayant le souci de rendre aimable pour tous le chemin de la sainteté au milieu du monde: un simple sourire sera, parfois, la meilleure expression de ton esprit de pénitence.


150

Jour après jour, en âme généreuse, apprends à renoncer joyeusement et discrètement à toi-même, en servant les autres et en leur rendant la vie agréable.

     — Cette façon de faire est la vraie charité du Christ.


151

Où que tu sois, efforce-toi de répandre autour de toi cette “bonne humeur” — cette joie — qui est le fruit de la vie intérieure.


152

Voici une bonne manière de t’exercer à la mortification: faire en sorte que tes conversations ne tournent pas autour de toi.


153

Un bon moyen de faire ton examen de conscience:

     — Aujourd’hui, ai-je accueilli à titre d’expiation les contrariétés qui me sont venues de la main de Dieu ? Et celles que mes collègues m’ont causées par leur caractère ? Et celles qui procèdent de ma propre misère ?

     — Ai-je su offrir au Seigneur, à titre d’expiation, jusqu’à la douleur que j’éprouve de l’avoir offensé tant et tant de fois ? lui ai-je offert la honte quand je rougis et me sens intérieurement humilié en constatant ma lenteur à avancer sur le chemin de la vertu ?


154

Des mortifications habituelles, répétées: oui, mais sans manies...

     — Il n’est pas nécessaire que ces mortifications soient toujours les mêmes: c'est dans la constance, l'habitude, l’accoutumé, sans accoutumance, que se trouve le véritable esprit de mortification.


155

Tu veux marcher sur les pas du Christ; tu veux endosser son vêtement, t’identifier à Jésus. Fais donc en sorte que ta foi soit agissante et fondée sur le sacrifice, qu’elle produise des oeuvres de service, et rejette tout ce qui peut y faire obstacle.


156

La sainteté a la flexibilité des muscles bien relâchés. Celui qui veut devenir saint s’arrange, en faisant quelque chose qui le mortifie, pour ne pas en faire une autre qui lui coûte aussi, pourvu que cela n'offense pas Dieu, et il remercie le Seigneur de cette latitude. Si nous procédions autrement, nous risquerions de devenir de ces chrétiens guindés, raides, semblables à des poupées de chiffon.

     La sainteté n’a pas la rigidité du carton: elle sait sourire, céder, attendre. Elle est la vie: la vie surnaturelle.


157

Mère, ne m’abandonnez pas ! Faites que j’aille chercher votre Fils; faites que je rencontre votre Fils; faites que j’aime votre Fils... de tout mon être ! — Souvenez-vous, Notre Dame, souvenez-vous !


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