Josemaría Escrivá Obras
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En ce jour de la Fête-Dieu, nous allons méditer ensemble sur la profondeur de l'amour du Seigneur, qui L'a amené à demeurer caché sous les espèces sacramentelles. Il nous semble entendre de nos propres oreilles cette prédication qu'Il adressait à la foule: Voici que le semeur est sorti pour semer. Comme il semait, des grains sont tombes au bord du chemin, et les oiseaux sont venus pour les manger. D'autres sont tombes sur les endroits pierreux où ils n'avaient pas beaucoup de terre, et aussitôt ils ont levé, parce qu'ils n'avaient pas de profondeur de terre, mais une fois le soleil levé, ils ont été brûlés et, faute de racine, se sont desséchés. D'autres sont tombes parmi les épines et les épines crûrent et les étouffèrent. D'autres sont tombes dans la bonne terre et ont donné du fruit, l'un cent, l'autre soixante, l'autre trente.

La scène est d'actualité. Aujourd'hui le semeur divin seme encore sa semence à la volée. L'oeuvre de salut continue de se réaliser, et le Seigneur veut se servir de nous; il désire que nous, les chrétiens, nous ouvrions à son amour tous les chemins de la terre; Il nous invite à propager son message divin, par la doctrine et par l'exemple, jusqu'aux confins du monde. Il nous demande, à nous, citoyens de la société qu'est l'Eglise, et citoyens de la société civile, d'être chacun un autre Christ dans l'accomplissement fidèle de ses devoirs, en sanctifiant son travail professionnel et les obligations de son état.

Si nous considérons ce monde qui nous entoure, et que nous aimons parce qu'il est l'oeuvre de Dieu, nous y verrons se réaliser la parabole: la parole de Jésus est féconde, elle suscite en de nombreuses âmes la soif de se donner et d'être fidèles. La vie et le comportement de ceux qui servent Dieu ont modifié l'histoire, et même beaucoup de ceux qui ne connaissent pas le Seigneur sont mus, peut-être sans le savoir, par des idéaux dont l'origine se trouve dans le christianisme.

Nous voyons aussi qu'une partie de la semence tombe dans la terre stérile, ou parmi les épines et les broussailles; qu'il y a des coeurs qui se ferment à la lumière de la foi. Si les idéaux de paix, de réconciliation, de fraternité sont acceptés et proclamés, ils sont trop souvent démentis par les faits. Quelques-uns s'acharnent en vain à bâillonner la voix de Dieu, en ayant recours, pour empêcher sa diffusion, soit à la force brutale, soit à une arme moins bruyante mais peut-être plus cruelle parce qu'elle insensibilise l'esprit: l'indifférence.

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