Josemaría Escrivá Obras
 
 
 
 
 
 
  Quand le Christ passe > La lutte intérieure > Point 81
81

Dans l'Eglise, de Dieu, la préoccupation constante d'être toujours loyaux envers la doctrine du Christ est une obligation pour tous. Personne n'en est exempt. Si les pasteurs ne luttaient pas pour acquérir la délicatesse de conscience, le respect fidèle envers le dogme et la morale, qui constituent le dépôt de la foi et le patrimoine commun, ils accompliraient réellement les paroles prophétiques d'Ezéchiel: Fils d'homme, prophétise contre les pasteurs d'Israël qui se paissent eux-mêmes. Les pasteurs ne doivent-ils pas paître le troupeau ? Vous vous êtes nourris de lait, vous vous êtes vêtus de laine... Vous n'avez pas fortifie les brebis chétives, soigne celle qui était malade, panse celle qui était blessée. Vous n'avez pas ramené celle qui s'égarait, cherche celle qui était perdue. Mais vous les avez gouvernées avec violence et dureté.

Ces reproches sont graves, mais plus importante est l'offense que l'on fait à Dieu quand, ayant reçu la charge de veiller au bien spirituel de tous, on maltraite les âmes en les privant de l'eau limpide du bapteme, qui régénère l'âme; de l'huile balsamique de la confirmation, qui la renforce; du tribunal qui pardonne et de l'aliment qui donne la vie éternelle.

Quand cela peut-il arriver? Quand on abandonne cette lutte de paix dont j'ai parlé. Celui qui ne lutte pas s'expose à l'un ou l'autre de ces esclavages qui savent enchaîner nos pauvres coeurs: l'esclavage d'une vision des choses purement humaine, l'esclavage du désir ardent de pouvoir ou de prestige temporel, l'esclavage de la vanité, l'esclavage de l'argent, la servitude de la sensualité...

Si quelquefois, parce que Dieu permet cette épreuve, vous vous heurtez à des pasteurs indignes de ce nom, ne vous scandalisez pas. Le Christ a promis une assistance infaillible et indéfectible à son Eglise, mais Il n'a pas garanti la fidélité des hommes qui la composent. Il ne leur manque pas la grâce abondante et généreuse s'ils font le peu que Dieu leur demande: une grande vigilance pour écarter avec obstination, la grâce de Dieu aidant, les obstacles qui se dressent sur le chemin de la sainteté. Même celui qui semble haut placé peut être très bas aux yeux de Dieu s'il ne lutte pas. Je connais tes oeuvres, ta conduite; tu passes pour vivant, mais tu es mort. Réveille-toi, ranime ce qui te reste de vie défaillante ! Non, je n'ai pas trouve ta vie bien pleine aux yeux de mon Dieu. Allons! Rappelle-toi de quel coeur tu accueillis la parole; garde-la et repens-toi.

Ces exhortations de l'apôtre saint Jean — au premier siècle donc — s'adressent aux responsables de l'Eglise de Sarde. Parce que ce n'est pas d'aujourd'hui que quelques pasteurs risquent de perdre le sens de leurs responsabilités; ce phénomène s'est produit également au temps des apôtres, dans le siècle même où Notre Seigneur Jésus-Christ a vécu sur terre. C'est que personne ne peut se sauver seul. Tous, dans l'Eglise nous avons besoin de ces moyens concrets qui nous fortifient: de l'humilité, qui nous dispose à accepter aide et conseil; des mortifications, qui domptent notre coeur, pour qu'y règne le Christ; de l'étude de la doctrine sûre et permanente, qui nous conduit à conserver en nous la foi et à la propager.

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