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Nous devons méditer souvent, pour ne pas l'oublier, que l'Église représente un mystère grand et profond. Nous ne pourrons pas l'appréhender pleinement en cette vie. Si la raison essayait de l'expliquer à elle seule, elle ne verrait que la réunion de personnes qui accomplissent certains préceptes et qui pensent de façon semblable. Mais cela, ce ne serait pas la sainte Église.

Nous les catholiques, nous trouvons dans la sainte Église notre foi, nos règles de conduite, notre prière, le sens de la fraternité, la communion avec tous nos frères déjà disparus et qui se purifient dans le purgatoire — l'Église souffrante — ou avec ceux qui jouissent déjà de la vision béatifique — l'Église triomphante — et aiment éternellement le Dieu trois fois saint. C'est l'Église qui demeure ici et qui, en même temps, transcende l'histoire. L'Église qui est née sous la protection de sainte Marie et qui continue, sur la terre et au ciel, à la louer comme Mère.

Croyons donc fermement au caractère surnaturel de l'Église : proclamons-le, si besoin est, parce que nombreux sont ceux qui de nos jours — à l'intérieur même de l'Église et jusque dans ses hautes sphères — ont oublié ces vérités essentielles et prétendent donner une image de l'Église qui n'est pas sainte, qui n'est pas une, qui ne saurait être apostolique parce qu'elle ne s'appuie pas sur le roc de Pierre, qui n'est pas catholique parce qu'elle est sillonnée de particularismes illégitimes, de caprices humains.

Ce n'est pas nouveau. Depuis que Notre Seigneur Jésus-Christ a fondé la sainte Église, notre Mère a souffert une persécution constante. Peut-être qu'à d'autres époques les agressions étaient organisées au grand jour ; à présent, il s'agit bien souvent d'une persécution sournoise. Aujourd'hui comme hier, on continue de s'attaquer à l'Église.

Je vous répéterai une fois de plus que je ne suis pessimiste ni par tempérament ni par inclination. Comment être pessimiste quand Notre Seigneur nous a promis d'être avec nous jusqu'à la fin des siècles (Cf. Mt 28, 20) ? L'effusion de l'Esprit-Saint a fait de la réunion des disciples au Cénacle la première manifestation publique de l'Église (Léon XIII, encyclique  Divinum illud munus, ASS 29, p. 648 :  Ecclesia, quæ jam concepta, ex latere ipso secundi Adami velut in cruce dormientis orta erat, sese in lucem hominum insigni modo primitus dedit die celeberrima Pentecostes. Ipsaque die beneficia sua Spiritus Sanctus in mystico Christi Corpore prodere coepit.).

Dieu Notre Père — ce Père aimant qui prend soin de nous comme  de la prunelle de ses yeux (Dt 32, 10), ainsi que nous le rapporte l'Écriture avec une expression imagée pour nous le faire comprendre — ne cesse de sanctifier, par l'Esprit Saint, l'Église fondée par son Fils bien-aimé. Mais l'Église vit actuellement des jours difficiles : ce sont des années de grand désarroi pour les âmes. La clameur de la confusion s'élève de toutes parts et toutes les erreurs qui se sont produites au long des siècles réapparaissent bruyamment.

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