Josemaría Escrivá Obras
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Gens sancta, peuple saint, composé de créatures qui ont leurs misères : cette contradiction apparente souligne un des aspects du mystère de l'Église. L'Église, qui est divine, est aussi humaine, parce qu'elle est formée par des hommes, et que les hommes ont des défauts : omnes homines terra et cinis (Si 17, 31), nous sommes tous poussière et cendre.

Notre Seigneur Jésus—Christ, qui a fondé l'Église sainte, attend des membres de ce peuple qu'ils luttent sans relâche pour atteindre la sainteté. Tous ne répondent pas avec loyauté à son appel. Et l'on découvre à la fois dans l'Église, Épouse du Christ, la merveille du chemin du salut et les misères de ceux qui le parcourent. Le Divin Rédempteur a disposé que la communauté qu'il a fondée fût une société parfaite en son genre et dotée de tous les éléments juridiques et sociaux nécessaires pour perpétuer en ce monde l'oeuvre de la Rédemption Si l'on découvre dans l'Église quelque chose qui prouve la faiblesse de notre condition humaine, ce n'est pas à sa constitution juridique qu'il faut l'attribuer, mais plutôt à la déplorable inclination des individus au mal ; inclination que permet son Divin Fondateur, même chez les membres les plus importants du Corps Mystique, pour que la vertu des brebis et des pasteurs soit mise à l'épreuve et pour que les mérites de la foi chrétienne augmentent en tous (Pie XII, encyclique Mystici Corporis, 29.VI.1943).


Telle est la réalité de l'Église, ici et maintenant. C'est pourquoi la sainteté de l'Épouse du Christ est compatible avec l'existence en son sein de personnes qui ont des défauts. Le Christ n'a pas exclu les pécheurs de la société qu'il a fondée. Par conséquent, si certains de ses membres sont affligés de maladies spirituelles, notre amour pour l'Église ne doit pas diminuer pour autant ; au contraire, notre compassion pour ses membres doit augmenter (Ibid.).

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