Josemaría Escrivá Obras
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Il y a une diversité de ministères dans l'Église, mais sa fin est unique : la sanctification des hommes. Et tous les chrétiens participent d'une certaine façon à cette tâche, grâce au caractère qu'ils ont reçu dans les sacrements du Baptême et de la Confirmation. Nous devons tous nous sentir responsables de cette mission de l'Église, qui est la mission du Christ. Celui qui ne ressent pas de zèle pour le salut des âmes, celui qui ne recherche pas de toutes ses forces à faire connaître et aimer le nom et la doctrine du Christ ne comprendra pas l'apostolicité de l'Église.

Un chrétien passif n'est pas prêt de comprendre ce que le Christ veut de chacun de nous. Un chrétien qui s'occupe de ses affaires et se désintéresse du salut des autres, n'aime pas avec le Coeur de Jésus. L'apostolat n'est pas une mission exclusive de la hiérarchie, ni des prêtres ou des religieux. Le Seigneur nous appelle tous à être, par l'exemple et la parole, des instruments de ce courant de grâce qui jaillit jusqu'à la vie éternelle.

Chaque fois que nous lisons les Actes des Apôtres, l'audace, la confiance en leur mission et l'abnégation joyeuse des disciples du Christ nous émeuvent. Ils ne recherchent pas les foules. Bien que les foules accourent, ils s'adressent à chaque âme en particulier, à chaque homme, un à un : Philippe, à l'Éthiopien (Cf. Ac 8, 26—40) ; Pierre, au centurion Corneille (Cf. Ac 10, 1—48) ; Paul, à Sergius Paulus (Cf. Ac 13, 6—12).

Ils avaient appris cela du Maître. Rappelez—vous la parabole des ouvriers qui attendaient du travail au milieu de la place du village. Quand le propriétaire de la vigne s'y rendit, la journée étant déjà bien avancée, il trouva encore des ouvriers les bras croisés : Pourquoi restez—vous ici toute la journée sans travailler ? —C'est que personne ne nous a embauchés (Mt 20, 6—7), lui répondirent—ils. Cela ne doit pas se produire dans la vie du chrétien ; il ne doit se trouver personne autour de lui qui puisse affirmer qu'il n'a pas entendu parler du Christ, parce que personne ne le lui a annoncé.

Les hommes pensent souvent qu'ils peuvent se passer de Dieu. Ils se trompent. Bien qu'ils ne le sachent pas, ils gisent comme le paralytique de la piscine probatique : incapables de se mouvoir vers les eaux qui sauvent, vers la doctrine qui met la joie dans l'âme. Bien souvent c'est la faute des chrétiens ; ces personnes pourraient répéter hominem non habeo (Jn 5, 7), je n'ai même pas quelqu'un pour m'aider. Tout chrétien doit être apôtre, parce que Dieu, qui n'a besoin de personne, a néanmoins besoin de nous. Il compte sur nous pour que nous nous consacrions à répandre sa doctrine salvatrice.

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